‹ La physiologie généraleChapitre 88 sur 218 · Dehérain, Traité de chimie agricole · texte numérisé non relu

Dehérain, Traité de chimie agricole

une quantité suffisante d'un gaz inerte, d'hydrogène par exemple, l'assimilation reprend aussitôt. Ce phénomène d'arrêt ne peut donc être attribué qu'à la tension trop forte de l'acide carbonique.

Gomment cet acide carbonique est-il utilisé par les plantes? C'est ce que nous allons voir en étudiant la fonction chlorophyllienne et la chlorophylle.

C'est à l'air, comme on sait, que les plantes vertes empruntent la plus grande partie du carbone dont elles ont besoin ; mais, pour cela, il faut qu'elles soient colorées et qu'elles contiennent une matière spéciale, la chlorophylle.

La chlorophylle est encore assez mal connue, car il est impossible de l'obtenir à l'état de pureté. D'ailleurs, elle n'est pas si abondante qu'elle paraît, dans les végétaux, en ce sens qu'elle y est un peu comme la matière tinctoriale des fibres des étoffes. Il n'y a pas, en effet, des grains de chlorophylle, comme on disait autrefois, mais seulement des corps chlorophylliens. Ces corps chlorophylhens ou chloroleucites sont des leucites, de petits corpuscules de forme définie, colorés par la chlorophylle. Tantôt, comme dans les Spirogyra, il n'y a qu'un seul corps chlorophyllien par cellule, mais il est de grande taille; tantôt, il y en a un grand nombre, mais de petite taille. Ce dernier cas est le plus fréquent ; c'est celui des cellules de la plupart des feuilles. Tantôt, enfin, il n'y a pas de corps chlorophyllien, et la chlorophylle teint uniformément le protoplasma de la cellule, comme cela se voit dans les algues bleues. L'existence des corps chlorophylliens semble indépendante de celle de la chlorophylle, car on les retrouve dans les cellules des organes jeunes, encore soustraits à l'action de la lumière. Ces corps sont alors incolores. Ils s'accroissent et se multiplient par bipartitions successives. Lorsque la plante est exposée à la lumière, ces corpuscules, plus ou moins chargés de phylloxanthine, verdissent, mais la chlorophylle qui se développe ainsi ne le fait pas au détriment de la phylloxanthine ; elle se superpose simplement à ce premier pigment. Ajoutons, enfin, que les corps chlorophylliens sont remphs de petites

granulations où l'amidon se produit : c'est là ce qui a donné lieu à la théorie des micrographes.

La chlorophylle, qu'on n'obtient jamais pure, est très altérable et très sensible à l'oxygène et à la lumière. Par altération, elle donne cette matière jaune, peu stable, qui colore les feuilles à l'automne et que Fremy a appelé la phylloxanthine. En traitant les feuilles vertes par l'alcool, puis par l'éther et l'acide chlorhydrique, on obtient non seulement la phylloxanthine, mais aussi un autre produit d'altération de la chlorophylle, la phyllocyanine.

Parmi les dérivés de la chlorophylle, il faut citer la chlorophyllane (que l'on confond quelquefois avec la chlorophylle), découverte par Hoppe-Seyler et étudiée par A. Gautier. Le tableau suivant donne la composition centésimale de cette chlorophyllane.

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