Cf. Daguillon, Leçons de botanique
tité mesurée d'acide carbonique dégagé. II faut donc reconnaître, comme le pense Maquenne, que certains végétaux inférieurs, bien qu'incolores, dépourvus de cette chlorophylle que les autres végétaux ont acquise, par sélection, sont encore capables de décomposer partiellement l'acide carbonique, mais qu'ils ne peuvent cependant en décomposer une quantité suffisante pour se nourrir.
L'oxygène et l'hydrogène dont les plantes ont besoin, sont empruntés à l'eau pour la plus grande part, peut-être aussi aux sels ammoniacaux, aux composés organiques, et, en moindres quantités, aux sels minéraux ; quant à l'oxygène, il entre, comme nous le savons, à l'état de liberté, par la respiration.
L'azote est emprunté aux éléments minéraux du sol et surtout aux nitrates, car les autres combinaisons azotées semblent devoir subir, pour être assimilées, une oxydation qui les transforme; il est aussi emprunté à l'atmosphère, au moins par quelques végétaux, et à certaines matières organiques en décomposition, comme nous le verrons particulièrement en étudiant le miheu nutritif des saprophytes.
Les combinaisons azotées, assimilées directement par les plantes, ne sont pas très nombreuses, en ce sens que les nitrates se trouvent jouir, à peu près seuls, de cette propriété; il faut donc que les autres combinaisons azotées se transforment en nitrates, et nous verrons plus loin comment les ferments nitrique et nitreux interviennent pour exécuter cette transformation. Toutefois, Schlœsing a montré que, en l'absence de tout ferment, l'ammoniaque et les sels ammoniacaux peuvent être directement absorbés, quoiqu'on quantités plus faibles. Ce qui exphque l'heureuse influence sur la végétation de la présence dans l'atmosphère, de 3 à 4 dix-millièmes de gaz ammoniac.
D'où viennent les combinaisons azotées du sol"? De l'atmosphère d'abord. On sait, en effet, que, dans un mélange d'oxygène et d'azote analogue à l'air, l'étincelle électrique amène la production de peroxyde d'azote AzO^. Si le mélange est humide, le peroxyde d'azote se transforme en acide nitrique.
C'est pourquoi il y a de l'acide nitrique dans les pluies d'orage.
D'autre part, nous savons que les fermentations peuvent donner lieu à un dégagement d'hydrogène libre. Cet hydrogène, avec l'azote ambiant, forme de l'ammoniaque. De plus, sous l'influence de l'électricité atmosphérique et de la vapeur d'eau, il se produit directement de l'ammoniaque.
Ces diverses combinaisons azotées sont entraînées dans le sol par les eaux de pluie qui contiennent, en effet, toujours de l'acide nitrique et de l'ammoniaque. Dans nos régions, 1 mètre cube d'eau de pluie contient à peu près 3 grammes d'ammoniaque et de 30 à 40 centigrammes d'acide nitrique. Gomme la hauteur de la colonne d'eau pluviale annuelle est en moyenne,, pour la France, de 50 centimètres, on trouve donc, par hectare et par an, un apport d'azote d'environ 10 kilogrammes. Cet apport d'azote augmente quand il se produit beaucoup d'orages électriques. C'est ainsi qu'à Caracas on trouve 2^,^3 d'acide nitrique par mètre cube d'eau de pluie, et, à la Réunion, 2^^,67. Il est évident aussi que si la hauteur annuelle de la tranche de pluie augmente, l'apport d'azote croît d'autant.
En dehors de cet apport, lé sol renferme naturellement l'azote en combinaison qui provient des détritus de toutes sortes, animaux et végétaux. Mais ces matières azotées sont rapidement transformées en sels ammoniacaux, dans les parties superficielles et aérées du sol, par un certain nombre de moisissures et de bactéries. Le Bacillus mycoïdes est un des agents les plus actifs de cette transformation. Citons aussi le MicrococGus urex qui transforme universellement l'urée excrétée par les animaux en acide carbonique et en ammoniaque.
Les composés ammoniacaux ainsi formés sont repris et oxydés par des ferments du sol, dont l'existence a été soupçonnée par Schlœsing et Mûntz et que Winogradski a réussi à isoler. L'un de ces ferments, le ferment nitreux, bactérie de forme arrondie ou ovoïde, transforme les composés ammoniacaux en composés nitreux.
Mais l'oxydation ne s'arrête pas là. Le ferment nitrique reprend ces composés nitreux et les transforme en composés
nitriques. L'ensemble de ces phénomènes, par lesquels les composés ammoniacaux dérivant des matières organiques et des détritus animaux et végétaux plus complexes passent à l'état d'acide nitrique, directement assimilable par les plantes, est schématiquement exprimé par les deux équations suivantes qui indiquent le fonctionnement double, à la fois réducteur (I) et oxydant ^IFi des ferments du sol, d'après Hueppe et Winocradski :
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