‹ La physiologie généraleChapitre 97 sur 218 · A L'HECTARE · texte numérisé non relu

A L'HECTARE

Rendement (hectoL).

Azote (kil-)

Ac.phosphoriqiie —

Potasse —

Chaux —

Magnésie —

to

us

in

ce

ca

Il résulte de ce que nous venons de dire, que la composition 1. E. Roux, les Engrais chimiques, p. 24-25.

208 LA PUYSIOLOGILI GENÉRALli.

minéralogique du sol doit jouer un rôle important dans la distribution des flores. Beaucoup de botanistes, Bâillon, Griesbach, Gontcjean,etc.,ont, en efTet, montré les relations qui existent, en dehors de l'influence climatérique, entre les végétaux d'une région et les éléments chimiques que renferme son sol. Mais cette opinion n'a pas été universellement acceptée, et l'on a invoqué d'autres causes ; on a fait remarquer notamment que presque tous les sols renferment, au moins en proportions minimes, les matériaux nécessaires à la plupart des plantes. De plus, l'expérience semble prouver que la localisation des végétaux dans certains terrains déterminés n'a qu'une valeur tout à fait régionale, comme Thurnam, Alph. de Gandolle et Wahlenberg Font montré. Gontrairement à l'opinion de beaucoup de botanistes qui croient que la proportion relative de chaux et de silice surtout agit puissamment sur la distribution des végétaux, Alph. de Gandolle a soutenu que la composition chimique du sol n'a d'influence que par son degré de compacité ou d'humidité. G'est là ce qui expliquerait pourquoi la digitale et le châtaignier, qui sont des végétaux siUcicoles, et la carotte sauvage et le noyer, qui sont des végétaux calcicoles, peuvent se rencontrer dans d'autres terrains. « La raison de l'importance que l'on attribue d'ordinaire à la nature du terrain tient sans doute à ce que la composition chimique du sol marche assez généralement de pair avec un ensemble déterminé de propriétés physiques au point de vue de la porosité, de la perméabilité, de la capacité calorifique, du mode d'altération à l'air, de l'hygrométricité, etc. Or, ce sont ces diverses propriétés qui exercent le plus d'influence sur la végétation, parce que c'est sous leur action immédiate que s'accomplit le phénomène de l'assimilation, qui est l'acte physiologique par excellence. Si donc il arrive qu'une roche calcaire réalise, dans un pays donné, la moyenne des conditions physiques qui, dans une autre région, étaient spéciales à un sol siliceux, les plantes réputées silicicoles pourront devenir calcicoles et réciproquement. G'est pourquoi, sans méconnaître la part qui revient en propre à la nature chimique du sol, il convient de ne pas perdre

(le vue qu'elle n'est qu'un des facteurs parmi tous ceux qui concourent au phénomène de la végétation^ ».

Cette manière de voir est parfaitement juste si l'on admet que tous les -sols contiennent naturellement les éléments nutritifs très divers nécessaires aux plantes. Mais ce que nous avons dit précédemment prouve qu'il est loin d'en être ainsi. Et comme le milieu nutritif aérien (CO^) est seul .constant et que les plantes ont, en outre, besoin d'un certain nombre de sels minéraux, il faut bien admettre que la composition minéralogique du sol, en tant que milieu nutritif, a une influence capitale. C'est, du reste, ce qu'a prouvé Bâillon ^.

Nous devons ajouter ici une observation très importante sur la formation de la terre végétale. Le terreau, Ihumus, est dû non seulement à l'action des racines des plantes et à la décomposition de leurs détritus, mais encore, surtout en ce qui regarde l'état d'homogénéité et de finesse de ses éléments, à l'intervention des vers, suivant Hensen et Ch. Darwin. Comme la terre végétale constitue pour les plantes un excellent milieu nutritif, riche particulièrement en composés azotés, il nous faut dire quelques mots de cette intervention.

Les vers de terre, qui présentent un nombre considérable d'espèces, ne mangent pas seulement les feuilles sèches et pourries : ils avalent aussi la terre pour en extraire toutes les matières d'origine végétale ou animale qu'elle peut contenir.

Leur rôle est ainsi très notable, parce qu'ils sont extrêmement nombreux. Henseh, en effet, estime qu'il y en a 133 000 par hectare et que, chaque vers pesant en moyenne 1 gramme, il passe quotidiennement un demi-gramme de terre par son tube digestif. Mais Ch. Darwin soutient que ce dernier chiffre est beaucoup trop faible et que cette quantité de terre peut, parfois, atteindre 4 onces (113er,36). Du reste à Nice, King a trouvé que, en un an, le poids des déjections produites par les vers allait jusqu'à 14^,58 par acre, à 53 767 vers vivants par acre, soit 36 tonnes pour 1 hectare, ou 270 grammes de déjec-

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