‹ La physionomie comparéeChapitre 24 sur 34 · MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

MOLLUSQUES

Nous n'avons qne peu d'observalions à faire au sujet de lu physionomie des mollusques. Il faut, pour commencer, laisser de côté les mollusques acéphales, dont le type est l'huître, et qui ne peuvent nous fournir aucun sujet d'observation, puisque leur corps informe et dépourvu de tête ne consiste qu'en une masse confuse.

Restent les mollusques à coquille univalve comme le colimaçon et les coquillages innombrables qui peuplent la terre et les eaux. Ceux-Là ont une tête, des yeux, une bouche ; leur marche s'opère par les contractions d'un muscle rond placé sous leur queue, et tous leurs mouvements sont d'une extrême lenteur.

Ce qui caractérise le plus profondément ces animaux, c'est la coquille dans laquelle leur corps est logé, coquille inerte, insensible, aussi distincte et aussi séparée d'eux que le polypier l'est du polype, et cependant formée originairement d'un encroûtement de leur peau, et colorée par des liquides que la peau du mollusque y a répandus. Au point de vue de la philosophie de la nature, c'est une condition étrange que celle de ces êtres moitié chair vivante et moitié pierre, qui ne vivent qu'à la condition d'être à demi engaînés dans un étui: mais au point de vue de la physionomie, on peut dire de ces animaux ce que nous disions tout à l'heure des annélides : ils se meuvent et on les voit vivre; mais rien, dans leur forme flottante et indécise, dans la contraction ou rallongement de ces corps pâles et gluants, ne se rapporte aux signes d'expression que nous avons pu reconnaître chez les plus humbles des insectes.

La forme et la coloration des coquillages sout encore un des mystères de la nature. La précision, la variété, des diverses formes de ces coquilles, l'éclat des nuances dont elles sont ornées, attestent par eux-mêmes, comme toutes les autres formes et toutes les autres couleurs des êtres vivants, qu'une loi de convenance et de conservation a dii présider à la distribution de ces signes de reconnaissance si précis, si minutieusement détaillés : mais ([U(dle est cette loi, c'est ce (pie nous iic saurons |)robablemcnl iauiais.

Lp poulpe. — Le poulpe, pourtant, par la perfection plus grande de son organisation et de ses sens, s'élève un peu audessus des autres mollusques, et avec lui tous les céphalopodes, qui ont des espèces de membres groupés autour de la tête, et h Faide desquels ils peuvent nager, marcher, saisir leur proie. Ces animaux arrivent à des proportions gigantesques, ce qui leur donne une place relativement très élevée dans leur embranchement.

Mais en dehors de ces animaux, le mollusque tombe tout de suite à un niveau très inférieur à celui des insectes, et il ne reste au-dessous de lui que les rayonnes ou zoophytes, qui vont nous présenter la vie animale réduite presque à la végétation.

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