DES PROPORTIONS
Nécessité des proportions . — Toutes les choses de la nature ont des proportions : si elles n'en avaient pas, il n'y aurait aucune limite au développement ou à la diminution de leur masse totale ; il n'y en aurait pas davantage au développement ou à la diminution de leurs parties : un éléphant pourrait devenir aussi petit qu'une puce, une puce, aussi grosse qu'un éléphant ; la tête d'un éléphant pourrait devenir aussi petite que celle d'une puce, la tête d'une puce, aussi grosse que celle d'un éléphant. Et ainsi pour chaque être pris dans son ensemble et pour chacune de ses parties.
Aucun être n'ayant ni forme ni limite, rien ne se distinguerait de rien, c'est-à-dire que rien n'existerait. Il est donc évident que le monde sans proportions, c'est le néant.
la LA PHYSIONOMIK C(^MPAREI-:
,Ce raisonnement bien élémentaire sullirait en tout cas pour démontrer ce^e v^M'ité que la tlgure iuimaine ne peut pas ne pas avoir des proportions.
Objection. — Et croirait-on cependant qu'on a essayé de le contester, sous prétexte que les proportions proposées par les uns ou par les autres ne sont pas les mêmes, et que, du reste, les unes ni les autres n'ont jamais été trouvées réalisées dans des figures vivantes !
La Proportion idéale. — Ces objections n'ont aucune valeur contre l'existence d'un ensemble de proportions idéales en deçà et au delà desquelles le corps humain ne saurait exister: car jamais on n'a vu un homme qui eût la tète plus grosse que le corps, ou les jambes plus courtes que les bras, ou dont le menton fût plus large que le front; et on n'a pas vu davantage des hommes hauts de vingt pieds on pas plus gros que le doigt.
11 v a un maximum et un minimum de dimension absolue pour l'ensemble, et de proportion relative pour les parties, car si ces deux termes n'existaient pas, l'homme n'aurait pas de figure déterminée et il n'y aurait aucun moyen de le distinguer des autres êtres. Il faut que chaque organe et chaque partie aient des dimensions en rapport avec leurs fonctions, sans quoi ils ne pourraient fonctionner.
Ordre et situation des parties. — D'ailleurs ce qui est vrai des proportions est vrai de la situation respective des parties et de leurs dispositions particulières. On n'a jamais vu et on ne verra jamais des jambes attachées aux épaules, un nez au-dessous du menton, une bouche s'ouvrant verticalement : car bien qu'il se produise des monstruosités par excès, par défaut ou par interversion de parties, les monstres eux-mêmes sont soumis à des lois fixes, et les écarts de la nature ont des limites infranchissables.
Il va donc, non pas une mesure précise et absolue de la figure humaine, mesure impossible à étabhr, mais une moyenne indubitablement limitée entre deux extrêmes : là se trouve certainement ce canon idéal de la figure, qui est lui-même une moyenne entre les divers canons qu'on a proposés.
Il ne faut pas dire que ce canon idéal est une conception imaginaire, car si on repousse cette mesure de comparaison, counneut deux hommes pourraient-ils s'entendre sur le point de savoir si lell»' personne a les membres courts un longs, le corps laige ou mince, les
yeux grands ou petits? Comment juge-t-on de tout cela? Par la comparaison qu'on fait entre les traits de cette personne, et qui en fait voir la proportion ou la disproportion : car si on s'avisait de vouloir mesurer le nez de Pierre sur le visage de Paul, ce nez paraîtrait grand si le visage de Paul est petit, et petit si ce visage est grand.
Sentiment inné des proportions et des formes. — Donc nous avons tous le sentiment inné d'une moyenne plus ou moins précise des proportions de la figure humaine, comme nous l'avons pour tous les autres objets de l'univers, sans quoi nous ne connaîtrions pas plus les uns que les autres.
On peut appliquer d'ailleurs cette idée de moyenne, par les mêmes raisons et par suite des mêmes nécessités, au dessin et au modelé particuliers de la figure et de tous les objets en général. Sous l'infinie variété que prend chacune de ses lignes, de ses surfaces et de ses contours, chacun des objets de l'univers garde dans son ensemble et dans ses parties une moyenne de forme en dehors de laquelle il cesse d'être reconnaissable. On voit des yeux plus ou moins ovales, plus ou moins ronds, mais il n'y en a point de carrés ; malgré la diversité de sa coupe, le visage ne sera jamais circulaire, triangulaire, demi-circulaire : cela n'est pas parce que cela ne peut pas être, et qu'il y a ici, comme en matière de masse et de proportion, des nécessités et des impossibifités liées à l'essence et à la fonction de chaque partie.
Variations individuelles . — Maintenant, ce qu'il ne faut pas essayer de contester, c'est que, de tous ces rapports de proportion ou de forme, il n'en est pas un qui ne soit plus ou moins altéré dans chaque individu.
Leur nécessité. — Si l'on veut bien y réQéchir un peu, on verra que, loin d'ôter à la loi rien de son évidence, cette irrégularité la confirme par une autre raison de nécessité. Si toutes les figures avaient exactement les mômes proportions et les mêmes formes, comment se distingueraient-elles les unes des autres ?
Ces variations, c'est ce qui fait les individus ; et la nature, dans tous ses ouvrages, nous montre qu'elle ne veut pas se contenter de leur avoir domié un corps libre et indépendant, pareil pour tous les individus de la môme espèce et apte à vivre individuellement : non, cela ne lui a pas suffi, parce qu'elle les a créés aussi pour vivre en outre de la vie coUecfive avec ceux de leur espèce et avec tous les
autres êtres : et elle a institué, pour les signaler les uns aux autres et pour les faire se reconnaître entre eux, ces moditications limitées qui donnent tout ce qu'il faut pour caractériser l'individu, mais qui ne peuvent jamais aller jusqu'à cMei' quoi que ce soit du type et du plan de l'espèce.
Moyenne idéale de Grandeur et de Forme. — Ces considérations, dont l'utilité générale se retrouvera à chaque pas dans le cours de ce travail, car elles en sont l'idée mère, nous permettent d'établir comme point de repère une moyenne idéale de grandeur et de forme à laquelle il faudra toujours se rapporter.
Je prie donc de tenir pour entendu, une fois pour toutes, que les évaluations de grandeur, largeur, hauteur ou profondeur, se rapportent toujours, dans notre pensée, aux canons de proportions que nous avons adoptés pour la tête et pour le corps.
Ces canons de proportion sont ceux qu'on admet le plus généralement, et d'ailleurs, comme j'espère l'avoir fait voir, peu importe le choix, puisqu'il ne peut jamais s'agir que d'une moyenne.
Dans les proportions générales de la tête et de la figure, j'ai cru pouvoir proposer un certain nombre de mesures qui me semblent justes parce qu'elles sont dérivées des mesures classiques prises à de certains points.
Loi de la corrélation des. formes. — A coté de la loi de proportion, nous devons rappeler, avant d'entrer dans l'analyse détaillée de la figure humaine, une autre loi non moins manifeste de la physionomie : c'est que chacun des traits de la figure humaine se déduit de tous les autres, par la raison très simple et très évidente que, chaque individu se rapportant à un type ayant son plan et son style, il ne peut pas ne pas y avoir une analogie entre chacun des traits dont la réunion forme un individu, lequel réalise en même temps un type.
Dans un visage aquilin, par exemple, tout est crochu ; dans un visage camard, tout est plat ; dans un visage long, tout est long.
Et ce qui est vrai des parties du visage entre elles, l'est également de l'ensemble du visage par rapport au reste de la personne : un homme qui aura le visage large sera large de corps ; jamais vous lu» verrez une figure « en lame de couteau », comme on dit, sur un corps trapu.
On peut môme dire avec assez d'aj)pai-ence, je crois, que h's traits
de la face forment deux groupes où l'analogie est particulièrement directe entre les traits. Ainsi le haut du nez, le menton, les mâchoires, les pommettes, les arcades [sourcilières, le front, les tempes, en un mot, les parties osseuses, celles où le squelette donne la forme, présentent un accent analogue. D'autre part, les traits charnus ou cartilagineux, savoir: les yeux, la bouche, les narines elles oreilles, ont également un rapport d'analogie qui donne à tous ces traits un air de famille. Il est tout naturel, au surplus, que les analogies se répartissent de la sorte, réunissant les traits osseux d'un côté, et les traits non osseux de l'autre.
Il est bon de placer ici une remarque de détail qui dérive de cette observation générale : c'est que les yeux, les narines et la bouche se ressemblent presque toujours en dimension, en disposition et même en forme. Si la bouche est bien fendue, les yeux le seront aussi, et les narines seront bien ouvertes. Les paupières et les narines ont-elles de l'épaisseur ou de la finesse, la bouche en aura aussi. Si les narines sont sèches, les paupières le seront aussi : et ainsi de même pour toutes les modifications.
Sans anticiper sur ce que nous aurons à dire sur l'effet expressif de ces variations, nous avons dû rappeler ici les analogies générales qu'on rencontre entre ces traits, la loi de la corrélation des formes n'étant pas moins essentielle et moins dominante en physionomie que la loi des proportions.
Albert Durer, si je ne me trompe, a construit une figure géométrique où, par l'artifice de certaines lignes de correspondance, il fait voir que chacune des parties de la tête donne en dimension telle partie du corps : eh bien, je suis convaincu que ce qu'il a fait pour la proportion de ces parties^ on pourrait le faire pour la forme et le style.
Loin que ceci soit un paradoxe, je crois pouvoir dire que ce serait le contraire qui me surprendrait : car on n'aurait là qu'à rechercher, ou plutôt, à vérifier, la loi de la corrélation des formes, mise en lumière par Cuvier, et grâce à laquelle cet homme de génie a pu, avec une (lent ou une griffe, reconstruire de proche en proche, par des déductions infaillibles, non seulement tout le squelette, mais le corps entier, d'animaux alors inconnus.
Et on sait comment, postérieurement à ces travaux, on découvrit
iU LA PllYSIONOMlK COMPARKK
dans la glace dos corps entiers ot inlacts ..oiit, Cuvicr avail \m dessiner à l'avance la ligure complète.
Points et lir/nes de repère, quantités et qualités de comparaison. — Pour rendre plus intelligihle l'analyse de la figure humaine, il est nécessaire de reconnaître et de bien nous fixer dans l'esprit certains points et certaines lignes de repère faute desquels il pourrait y avoir confusion. 11 fiiut également s'entendre sur les quantités et les qualités de comparaison.
Lorsque nous regardons un homme, si nous le regardons d'un coup d'œil dans l'ensemble de sa figure, notre point de vue se porte à peu près à la hauteur des seins, au milieu de la ligne horizontale qui les réunit : c'est cette hgne qui sera pour nous la ligne de repère, c'està-dire que nous considérerons comme élevé tout ce qui sera au-dessus, et comme abaissé ou inférieur tout ce qui sera au-dessous. Autrement dit, nous voyons plutôt la hauteur dans les parties situées au-dessus de cette ligne, et l'abaissement dans celles qui sont au-dessous, parce que, par rapport à la ligne horizontale de repère, les premières élèvent notre regard vers le ciel, et les secondes le font descendre vers la terre.
Le choix de cette ligne n^'est d'ailleurs pas arbitraire, d est naturel et résulte de la hauteur où se trouvent naturellement les yeux d'un homme lorsqu'il regarde un de ses semblables.
Mais si l'attention se prolonge, c'est sur la tête qu'elle se porte, et alors le point de vue s'établit au centre du visage, au miheu de la racine du nez. Ce point devient le point de départ des lignes divergentes et le point d'arrivée des lignes convergentes. C'est donc ce point qui détermine la direction des lignes, et c'est par rapport à sa position qu'on pourra les qualifier de divergentes ou de convergentes ; ce sera vers lui que se dirigera la concentration, et hors de lui que s'étendra l'expansion ou la dispersion, de l'effet expressif.
11 en sera de même pour qualifier la direction de la pointe (Ui de l'ouverture des ani»les.
La ligne horizontale passant par ce point central deviendra ligne de repère pour l'élévation ou pour rinlériorité ; le développemeid des parties situées au-dessus se considérera coninic élévation, celui des parties situées au-dessous, connue aiuiissiMnenl.
C'est encore par rapport à cette ligue liori/oulale el au plan ([n'(>lle
conpe dans la masse de la tête, qu'on qualifiera de verticales ou d'inclinées les lignes et les surfaces des différentes parties de la tête.
On considère comme antérieures les parties de la tête situées en avant du plan perpendiculaire qui passe par le centre de l'oreille, et comme postérieures, celles qui vont en arrière de ce plan, la tête étant regardée de profd.
Les parties latérales sont celles qui tournent lorsqu'on regarde le visage de face.
La tête vue de face formant un ellipsoïde, on peul prendre pour foyer de cet ellipsoïde la ligne qui va de la racine à la pointe du nez. Ce qui se rapproche de cette ligne est central ou intérieur ; ce qui s'en éloigne est extérieur ou divergent.
La partie périphérique du visage est celle qui en marque les contours extérieurs lorsqu'on la considère en face.
Pour le corps, les parties antérieures ou postérieures sont celles qui se trouvent en avant ou en arrière du plan perpendiculaire passant par le centre des oreilles ; les parties latérales sont celles qui tournent lorsqu'on considère la figure de face. Les parties intérieures sont celles qui se rapprochent d'un plan perpendiculaire coupant la figure par sa ligne médiane ; les parties extérieures sont celles qui s'éloignent de cette ligne.
Voilà pour ce qui concerne la direction des lignes et la situation relative des parties.
Pour ce qui est des quantités de comparaison, il nous suffira de dire que pour toutes les dimensions du tout ou des parties de la figure, le sentiment instinctif et empirique des proportions naturelles est le seul critérium auquel nous puissions nous rapporter pour juger qu'une figure ou un trait sont grands, petits, profonds, etc.
La même moyenne instinctive, qui d'ailleurs, comme celle des proportions, résulte de l'expérience, nous sert à tous de mesure pour déciderdes degrés de saillie, de profondeur, d'ouverture, de coloration, de telle ou telle partie ; de même pour la lumière et le son : c'est par comparaison avec une moyenne que nous jugeons si la figure ou certaines de ses parties sont plus ou moins éclairées, si le son do la voix est plus ou moins intense. C'est ce qu'on peut appeler les qualités de comparaison.
On peut appliquer les mêmes règles aux mouvements. Ils comportent
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à la Ibis dos moyennes de force et de \ilesse qui sont des quantités de comparaison, et des moyennes de direction et de combinaison, qui sont des qualités de comparaison.
Nous espj^rons que ces explications préliminaires serviront à suivre i)lus facilement l'analyse des propriétés intellectuelles des signes.
Proportions de la Tète. — Nous arrivons maintenant à l'analyse des traits de la tête : nous commencerons par donner le tableau des proportions de cette partie. Lorsque nous en serons au reste de la figure, nous en donnerons aussi les mesures.
La tête, il faut bien remarquer ceci, est la seule partie du corps dont la surface se modifie sous Faction de l'âme ; les autres parties concourent, il est vrai, à exprimer les sentiments, mais seulement par des déplacements de position.
La tête, vue de face, est formée, du sinciput n la base du nez, par un cercle, et de la base du nez au-dessous du menton, par un croissant elliptique.
Elle est divisée perpendiculairement en deux parties égales, par une verticale passant entre les deux sourcils ; et horizontalement, en quatre parties, par quatre lignes marquant le sommet du crâne, le haut du fronts les sourcils, le dessous du nez et le bas du menton.
Pour en mesurer les proportions, on prend la hauteur du nez, qu'on appelle une partie. La bouche, l'arcade sourcilière et l'oreille, ont chacune en largeur une partie. Le front en a deux et on compte deux demi-parties, Tune ^à droite, l'autre à gauche, pour compléter la largeur transversale de la têtel*
La hauteur du nez est de deux fois sa largeur.
Cette largeur du nez est égale à l'ouverture des yeux. Ceux-ci sont séparés l'un de l'autre par un intervalle égal à la longueur de leur ouverture.
11 y a une partie du milieu ilu bout du nez à la partie la plus saillante de la pommette.
Les oreilles sont placées dans l'espace horizontal compris entre les sourcils et le bas du nez.
Enfin, de profil, le crâne a deux parties en avant et deux en arrière d'une perpendiculaire passant parle centre de l'oreifie.
Traits fixes et Traits mobiles. — Au point de vue de leur aspect
physionomique, les traits de la tête peuvent être divisés en deux groupes : les traits fixes et les traits mobiles.
Les premiers, qui sont : le crâne, les tempes, les pommettes, les mâchoires, les dents, les oreilles, ont une expression permanente invariable. Là, par suite, sont les signes les plus sûrs de la physionomie : mais s'ils sont moins trompeurs, ils sont plus généraux et plus vagues, à moins qu'on ne les considère au point de vue du système de Gall, car alors ils primeraient tout en importance.
Quoi qu'il en soit, et laissant à de plus savants que nous Texamen de ce système, nous allons noter, d'après les données d'observation les plus généralement admises, la valeur des signes fournis par les traits fixes de la tête.
Interversion d" expression par excès. — Rappelons d'abord, pour n'avoir pas à y revenir sans cesse, un principe que nous avons déjà établi à propos de la stature : c'est que, pour la tête comme pour toutes les autres parties delà figure humaine, l'excès en plus ou en moins dans le développement d'un trait amène l'expression précisément contraire à celle qu'il aurait présentée dans des proportions modérées.
Proportions des parties de la tête. — Toutes les parties d'un corps organisé sont variables dans leurs proportions ; les subdivisions de ces parties varient aussi. Il y a des variations d'ensemble, comme lorsque c'est la grandeur ou la petitesse qui prédomine ; il y a des variations de détail, lorsque la tendance n'est pas uniforme dans tous les traits. Cela est vrai pour la proportion relative entre la tête, d'une part, et le corps, de l'autre ; cela est vrai également pour la proportion relative entre les traits de la tête, d'une part, et l'ensemble de la tête, de l'autre : en d'autres termes, une tête peut avoir de grands traits ou de petits traits. Il y a des gens qui ont un petit nez, une petite bouche, de petits yeux ; d'autres qui ont tous ces traits grands.
Leurs effets. — Deux hommes de notre temps, illustres à des titres différents, présentent à un très haut degré l'exemple de cet écart de proportion entre les traits et l'ensemble de la tête. Le premier est un ingénieur qui a attaché son nom à la plus grande entreprise du siècle ; le second est un de nos écrivains les plus merveilleux.
Chez l'ingénieur, les yeux sont extraordinairement rapprochés; les arcades sourcilières, très petites, semblent cercler et serrer les yeux; la bouche est étroite, le nez est ferme, ramassé, de forme très simple :
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on (liiail ({uc los orp^anes do la vue, de l'odorat et de la parole, se sont coni'eidrés sur h^ moindre espace possible pour former faisceau contre les obstacles qui pourraient s'opposer à la volonté. Et en effet, c'est par la toute-puissance d'une volonté indomptable que ce grand Français est parvenu à accomplir la plus difficile des entreprises.
Chez l'écrivain, les yeux, les sourcils, le nez, la bouche, occupent pour ainsi dire toute l'étendue de la face ; chacun de ces traits se développe à part, chacun semble l'épanouissement spécial de la faculté dont il est le siège : de là une expression de sensualité universelle qui semble, de ces énormes tiaits, déborder sur toute la nature. Et tel est le caractère de ce gourmet philosophe qui nous raconte de façon si exquise et si béate ses jouissances à savourer la gloire et la vie.
Dans certains cas, des traits lins donneront au visage de la finesse, de la douceur, de la délicatesse ; son expression pourra s'affaiblir jus- (juà la fadeur. La fermeté, la force, l'énergie, s'annonceront à des degrés correspondant au plus ou moins grand développement des traits, et pourront arriver jusqu'à la lourdeur, à la dureté, à la violence.
Mais là ne s'arrêtent pas les combinaisons possibles de proportions, car une partie des traits de la tête peut se développer tandis que l'autre se réduit ; cela même peut arriver de deux façons, soit que tous les traits supérieurs soient développés et tous les traits inférieurs réduits, soit que chacun des traits ait une tendance et, par suite, une expression particuhère. Nous allons examiner quels effets résultent de ces variations.
Si les parties supérieures, prises ensemble, sont prépondérantes par leur masse ou parle développement de leurs lignes, la tête prendra unaspeclde grandeur, d'intelligence, d'élévation : si c'est le contraire, l'extension des parties inférieures produira une expression opposée qui, dans les cas extrêmes, pourra descendre jusqu'à la bassesse et à la bestialité.
Au point de vue de la beauté, et surtout de la beauté morale, un visage où les parties hautes sont amples et majestueuses tajidis que le bas est fin et gracieux, constitue un ensemble charmant, dont notre sculpteur Clesinger a tiré ce type de femme à front large, à grands yeux et à petite bouche, que tout le monde connaît.