‹ La physionomie comparéeChapitre 9 sur 34 · RESUME, PRINCIPE D'EXPRESSION · texte numérisé non relu

RESUME, PRINCIPE D'EXPRESSION

Arrivés à ce point, il faut résumer, pour nous en bien rendre compte, les résultats de nos observations sur les traits delà tête.

Nous avons tiré de chaque ligne, de chaque forme et de chaque proportion, un ensemble d'inductions physionomiques doii nous avons déduit chemin faisant un certain nombre de principes généraux.

Donc, de toutes nos observations il résulte qu'elles tendent à établir, pour chacun de ces traits, que telle grandeur, telle forme, telle direction, indique toujours telle mesure, tel mode ou tel penchant, de l'intelligence et de la sensibilité.

Mais ce qui est très important] à remarquer, c'est que jusqu'ici tous les traits parlent le même langage : grandeur ou petitesse, hauteur ou largeur, unité ou variété, signifient la même chose dans un trait que dans tous les autres, et l'on n'a qu'à comparer ensemble nos diagnostics sur chaque trait pour voir que dans tous, la largeur répond à des sentiments ou à des idées larges ; la hauteur, à l'élévation de la pensée ; la profondeur, à des sentiments concentrés et à une intelligence profonde ; le relief, à l'énergie du caractère ; la dépression, à la faiblesse morale ; le mouvement, à l'activité intellectuelle ; l'unité, au calme et à l'harmonie des conceptions; la finesse, à la subtilité de l'esprit ; le désordre et la disproportion, au trouble et à l'incohérence du cœur et de la volonté.

Ou ces indications sont illusoires, ou elles devront seretroiivrr dan^ es autres parties de la figure, sous d'autres formes sans (loiile. puisque ces i)artiesont des proportions cl dos usages dilférenls, cl (juc, iu>lani-

ment, elles ne sont pas le siège des organes des sens, sauf le tact: mais il faudra que notre théorie se continue dans toute la ligure par des moyens d'expression analogues.

11 n'est pas admissible en effet que la nature ait donné deux systèmes de physionomie à la figure humaine, l'un pour la tête et l'autre pour le corps. L'unité, qui a présidé à la composition de chaque âme et de chaque corps, à leur harmonieux assemblage, et dont chaque trait du \isage est à la fois le signe et la démonstration, devra donc se manifester avec plus d'évidence lorsque nous aurons analysé et développé les formes de la figure tout entière.

Objection de la diversité des races. — Avant d'aller plus loin nous devons, pour n'avoir plus à y revenir, répondre d'avance à une objection qu'on peut tirer, contre la théorie de l'expression, de la diversité des races. On peut en effet se demander si la signification de telle forme ou de tel trait est bien certaine, alors que des peuples entiers ont un trait dominant, ou même, comme les races mongoles, par exemple, une disposition générale des masses de la tête et du corps qui se retrouve invariablement dans tous les individus de la race.

A cela il est facile de répondre que c'est précisément la prédominance de certaines formes qui constitue les types nationaux^ mais qui aussi marque le caractère national. Les Anglo-Saxons ont le nez aquilin et le menton saillant, mais c'est justement un signe de l'énergie qui les caractérise; les Espagnols ont les sourcils marqués, mais c'est chez eux marque de volonté : et ainsi pour chacun des traits qui caractérisent plus ou moins uniformément ces races.

Si on ajoute à cela cette observation que, plus un peuple est primitif ou barbare, moins les individus diffèrent les uns des autres, on ne pourra pas tirer argument de ce que la plupart des Arabes, par exemple, ont les mêmes traits : car ils ont presque tous le même caractère, au moins ceux du commun. Au contraire ceux d'entre eux qui se distinguent par leur instruction, leur rang, leur profession religieuse, ont des physionomies à part aussi variées que les nôtres. Je tiens cette observation de mon ami M. Guillaumet, un de nos peintres les plus éminents, et qui a longtemps séjourné en Algérie. Mais chez tous les peuples civilisés de, l'Europe on trouve la plus grande variété de types, et la preuve que les signes de la physionomie sont interprétés de môme, c'est que la littérature, la poésie et l'art s'accordent dans

tous les pays du monde sur les principes de l'expression et sur la signification des traits.

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