Burgess, The Physiology or mechauism of hlushing
2. DuCHKNME, Mécanisme de la physionomie humaine oti analyse électro-phy» sioloyiqiœ de l'expression des passions. Paris, 1876.
3. Darwin, The expression of the émotions in man and afiimals. London, 1872, p. 0.
4. GiiATiOLET^ De la physionomie et des monveuients d'expression^ 18Go.
5. Piderit, Wissenschaftliches System der Mimik und physiognornonih, 1867.
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n'avaient abordé qu'un des côtés du problème ; ils ne s'étaient occupés de l'expression que dans ses rapports avec l'art et avec l'esthétique. Lui, au contraire, avec son esprit large et compréhensif, a tracé les lois générales qui régissent l'expression dans tout le règne animal. Son livre est un des plus splendides monuments élevés par son génie, et l'on peut dire sans exagération que la mimique, en tant que branche spéciale de la biologie comparée, s'est affirmée comme une nouvelle science, dans l'ouvrage publié seulement en 1872, sur lequel nous aurons plus d'une fois à revenir.
Darwin a étudié la mimique des principales émotions chez les animaux, chez l'enlant, chez l'adulte. Il a adressé un questionnaire étendu aux voyageurs, aux missionnaires, à tous ses correspondants dans les cinq parties du monde. 11 a ainsi amassé une quantité extraordinaire de faits nouveaux, puis il les a examinés comme à la loupe, les soumettant à la doctrine évolutioniste pour tâcher d'en découvrir les relations, les rapports de cause à effet. On peut différer d'opinion avec lui sur quelques points particuliers; on peut repousser quelquesunes de ses explications comme téméraires ; mais il faudra toujours admirer la largeur de l'horizon qui s'est ouvert devant nous, à la publication de son livre.
Il ne s'est guère écoulé plus de deux siècles entre l'ouvrage de Dalla Porta et celui de Darwin, et pourtant quel abime sépare les deux méthodes. Il semble qu'on lise des livres écrits en deux langues différentes ! D'un côté, de la divination, de la cabale, quelques pauvres pensées surnageant dans un océan d'affirmations risquées, de coïncidences fortuites. De l'autre, peu d'affirmations, beaucoup de doutes ; mais quelle sûreté de méthode, quelles vues ouvertes sur l'avenir ! Là nous avons un monde fantastique, où l'on ne peut rien embrasser parce que tout est nuées et fantômes ; ici nous posons le pied sur le terrain solide de la nature, et nous entrons dans la véritable voie de la science. Il nous faudra peut-être marcher pendant des siècles ; mais nous n'aurons jamais à revenir en arrière et à changer de route.
Cependant la plnsiognomonie nouvelle ne pouvait satisfaire la foule, qu'on avait pendant si longtemps gorgée de sottises amusantes et de gracieuses devinettes. Aussi, même dans ce siècle, a-t-on continué à publier des livres, qui, avec toute l'apparence du sérieux, avec la prétention d'être des ouvrages scientifiques, conservaient une forte odeur d'astrologie judiciaire ou du moins de physiognomonie sentimentale.
Je citerai comme modèle du genre le Traité complet de Manteoàzza. 2
physiognomonie de Lepelletier de la Sartlie, où la vaine •pompe de la forme le dispute au vide du fond. Et pourtant l'auteur était un médecin.
11 en esta peu près de même de deux manuels que la célèbre Encyclopédie Roret a consacrés à l'étude de la physionomie : le Nouveau manuel du physionomisle et du phî'énologiste, Paris. 1838, et le Physionomiste des dames. Paris, 1843. Le premier de ces volumes commence par un mensonge, car on le donne pour un ouvrage posthume de Lavater et du professeur Chaussier, le second se présente plus modestement comme écrit par un amateur.
Thoré a publié à Bruxelles, en 1837, un petit Dictionnaire de phrénologie et de physiognomonie, dont l'érudition est puisée au hasard un peu partout, tantôt dans l'antiquité, tantôt dans les temps modernes ; mais en somme ce n'est pas un travail méprisable et on y trouve quelques bons articles.
Il faut distinguer de ces compilations quelques ouvrages italiens .Le pauvre Polli que nous avons perdu récemment avait publié une thèse intitulée : Essai de physiognomonie et de pathognomonie (Milan, 1837, avec seize planches). Ce livre, il est vrai, est aujourd'hui complètement oublié et inconnu au delà des Alpes ; mais il ne mérite pas cet oubli. 11 est riche d'observations excellentes, surtout dans la partie consacrée à la physionomie des malades et il est écrit avec une ardeur juvénile.
Filippo Cardona, dans son volume Délia Fisonoraia (Ancone 1863), a le tort d'écrire en un style solennel qui sent d'une lieue le moisi et le rance, et qui est particulièrement déplacé dans un livre de science. Ce livre a aussi le défaut d être mal composé, sans ordre et peu scientifiquement; mais il est plein de saine érudition et çà et là il pétille d'esprit et âilmmour,
Mastriani a traité plus ou moins directement de physiognomonie dans deux ouvrages: laNotomia inorale (Naples, 1871, 2^ édition), et Vnonio dinanzi alla aorte d'Assise.
Dans cet aperçu historique, je ne prétends certes pas avoir cité tous les auteurs qui ont écrit sur la physiognonomie, mais seulement avoir esquissé à grands traits l'évolution de cette science, qui n'en est pas une, et qui, après avoir vagabondé dans le ciel et sur la terre, est aujourd'hui revenue depuis peu à son point de départ, c'est-à-dire aux pures sources de la nature.
Aujourd'hui nous devons séparer nettement les mouvements expressifs des muscles d'avec les traits, l'anatomie et les formes. Nous avons ainsi d'une part une étude du visage hu-
LES AUTEURS CONTEMPORAINS i9
main qui se rattache à l'anatomie, à l'anthropologie et pour ses applications, à tous les arts plastiques; et, d'autre part, une étude de rexpression et de la mimique qui se rattache à la psychologie, à l'ethnologie comparée et dont les applications intéressent à leur tour le peintre, le sculpteur et l'acteur.
Mon livre se propose modestement de restituer sjit à l'anthropologie, soit à la psychologie, ce qui leui' appartient de droit, et de faire connaître les documents positifs que nous possédons aujourd'hui sur le visage humain et sur l'expression. Je m'estimerai heureux si je puis avoir enrichi par mes observations le trésor des faits acquis à la science.