‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 110 sur 172 · Mantegàzza, Fisiologia del dolorCt Firenze 1880 p · texte numérisé non relu

Mantegàzza, Fisiologia del dolorCt Firenze 1880 p

SEXE, TEMPÉRAMEiNT, CARACTÈRE 191

dissant à plaisir, la belle dame vous caresse avec un sourire plein de larmes; dans chaque sourire elle met une promesse de volupté; chaque larme est une source de pitié ; chaque palpitation de ses muscles, chaque caresse de ses doigts, chaque serpentement de ses flancs, chacune des belles choses qu'elle vous découvre à chacun de ses mouvements, vous enlacent dans les mailles d'un réseau, et bientôt vous tomberez à ses pieds vaincu et enchaîné; vous serez son prisonnier et son esclave. Quelles trahisons dans ces éclats de rire qui surnagent, s'enfoncent et reparaissent sur la mer de ses larmes I Quel libertinage secret dans cette pudeur qui semble vouloir remettre en ordre ce que la douleur a dérangé ! Quelles flèches lancées de chaque point de la peau, de chaque mouvement de la pupille l Quel sublime génie de mimique se dégage de ce petit corps souple et gracieux pour fasciner et paralyser le gros corps d'un homme barbu qui ose se proclamer le Dieu de l'Univers et qui, en ce moment, est l'esclave de la mimique féminine I

Tempérament. — Caractère. — On a répété dans cent ouvrages que les gens nerveux ont une mimique très expressive et que les gens lymphatiques ont une mimique languis* santé. On est arrivé ainsi à faire des tableaux de genre qui sont des caricatures de la vérité. Et peut-être faut-il qu'il en soit ainsi, car, dans ce cas, la vérité est trop complexe pour se laisser enfermer dans le cadre de nos définitions. Du reste, dans mes Eléments d'hygiène et dans d'autres travaux plus populaires, j'ai souvent exprimé ma pensée sur les tempéraments, qui existent bien dans la nature, mais qui ne se laissent pas prendre dans les filets de pauvres pécheurs comme nous.

Il est indubitable qu'à un haut degré de sensibilité (ce qui est le caractère le plus saillant des gens nerveux) correspond presque toujours un haut degré d'excitabilité; mais ce n'est là qu'une petite partie d'une constitution individuelle. Entre cent hommes nerveux ou entre cent lymphatiques, combien n'y at-il pas de diirérencesl

Le caractère représente dans le domaine psychique ce que sont le tempérament et la constitution dans le domaine organique; et certes il modifie la forme de la mimique bien plus que le tempérament.

Ici j'ai vraiment peur de continuer, car il me semble que j'entreprends d'éi)uiser l'océan dans le creux de ma main. Il suffit de la grandeur ou de la petitesse de la taille pour diversifier la mimique; il suffit d'être très gras ou très maigre pour

donner à la même émotion une expression différente. La longueur des bras à elle seule rend disgracieux certains mouvements qui paraissent beaux chez une personne dont les membres sont bien proportionnés. En général j'ai remarqué que les hommes très petits ont une mimique plus vive et plus expan- " sive ; ils ont besoin de compenser par la rapidité des mouvements l'exiguïté de leur corps ; les gens très grands ou très gros ont une mimique moins expansive ou plus concentrique, ce qui revient au même.

Chacun fait entrer dans sa mimique, comme pièce principale, la plus belle partie de son corps et dissimule les parties défectueuses. Celui qui a la bouche bien dessinée fait d'elle un centre d'expression même pour les émotions qui, d'ordinaire, sont mieux traduites par les yeux. Celui au contraire qui a de très beaux yeux, les prend pour organe mimique de préférence à la bouche. On pourrait en dire autant de la main, du cou, du tronc, etc.

La même chose a lieu, à notre insu, pour les énergies les plus accentuées de notre cerveau. Elles donnent le ton à la mimique et lui impriment un caractère spécial qu'elle conserve dans les cas les plus divers. L'homme disposé à la satire, habitué à chercher malignement le côté faible ou le côté ridicule de toutes les choses divines et humaines, sourira ironiquement même dans la volupté, même dans la mélancolie. C'est l'absinthe de Sardaigne qui trouve moyen de pénétrer jusque dans le miel des abeilles; c'est le pétrole qui entre jusque dans la glace. Ainsi le libertin donne un caractère voluptueux même à la mimique de la douleur, de la colère ou des autres émotions. L'orgueilleux a une façon orgueilleuse de rire ou de pleurer, de caresser ou de frapper; le méchant falsifie toutes ses expressions et donne à sa mimique un caractère insupportable d'incertitude et de fausseté. Ce sont là des règles que l'observation la plus superficielle suffit à étabhr. Nous devons les recueillir précieusement pour servir au diagnostic moral, qui nous est indispensable chaque jour dans les petites et dans les grandes affaires de la vie. On ment beaucoup plus facilement avec les lèvres ou avec la plume qu'avec les gestes ; et j'ai souvent osé deviner le caractère d'un homme ou d'une femme qui gesticulaient sur un balcon trop éloigjné pour que je pusse entendre leur voix.

L'ÉDUCATION. — Si le diagnostic qu'on peut essayer de former sur le caractère d'un homme est souvent difficile et sujet à erreur, il n'en est pas de même de celui qui a pour

Manteoa/./a. - physionomie.

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a Coquelterio. - I>. Courage. - c. Peur. -./. Compassion. - c AUenlion,

/-. llai-dies^e. - g. Face palibuUure.

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