‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 113 sur 172 · Mantegazza, Fiyiolojia del dolore, ]t.^]ij · texte numérisé non relu

Mantegazza, Fiyiolojia del dolore, ]t.^]ij

Une paraît pas douteux que tous les habitants de la terre rient, et que, lorsqu'ils rient à l'excès, ils versent des larmes. On l'a constaté chez les Hindous, chez les Chinois, chez les Malais, chez les Dayaks de Bornéo, chez les Australiens ; chez les Cafres, chez les Abyssins et chez les Indiens de l'Amérique septentrionale.

La joie, non accompagnée de rire, s'exprime aussi partout de la même façon. Du moins on a observé que les yeux s'élargissent et s'ilhiminent en pareil cas chez les Australiens, les Hindous, les Maoris et les Dayaks. Chez certains peuples inférieurs, la mimique du plaisir se réfère à des sensations gastronomiques. Ainsi les nègres du Haut-Nil se frottent le ventre en voyant de belles verroteries, et les Australiens font semblant de mâcher quand ils aperçoivent des chevaux, des bœufs ou des chiens. Les Groënlandais, quand ils parlent d'une chose qui leur fait plaisir, aspirent l'air avec un bruit particulier comme s'ils avalaient un bon morceau. Nous qui appartenons à une race élevée, et qui rions de cette mimique inférieure, nous ne pouvons pourtant pas nier que quelquefois, en voyant une belle femme, nous taisons mine de savourer quelque chose d'exquis.

Les Australiens de La Billardière témoignaient leur joie en riant, en portant les mains à la tête et en trépignant.

Les indigènes de l'île des Amis crient ehol eho ! pour exprimer une surprise agréable.

Les insulaires d'Amboine, en causant avec La Billardière, s'animaient singulièrement quand ils parlaient d'une jeune femme, c'est-à-dire d'une paranpoiiang monda et faisaient d'horribles grimaces qui leur décomposaient tout le visage, quand ils avaient à parler d'une paï-cmpouang hoia, c'est-àdire d'une vieille.

Darwin nous assure que le baiser est inconnu chez les Fuégiens, les Maoris, les Taïtiens, les Papous, les Australiens, les Somalis d'Afrique et les Esquimaux ; mais Wyatt Gill a vu à Port-Moresby les Papous se baiser, s'embrasser et s'égratigner avec les ongles pour se témoigner leur affection.

La Billardière tendit la main à un Australien; celui-ci lui

donna à son tour la sienne en souriant et en s'inclinant, et en

même temps il levait le pied gauche et il le portait en arrière

à mesure que son corps s'inclinait *.

La Billardière a vu des indigènes des îles des Amis se bai-

1. La Billardière, Relation du voyage à la recherchede La Pérotise^Qic», t. II, année viii, Paris, p. 29.

Page 1