LES RÉSERVES ET LES MENSONGES DE L'EXPRESSION
La mimique est reflet d'un courant centrifuge émanant du cerveau et de la moelle épinière. Si à une même émotion et à un même phénomène psychique correspondaient toujours certaines contractions, ou certains relâchements des muscles, il serait très facile d'interpréter la valeur expressive de chaque mouvement mimique, dès que l'expérience aurait fourni les données nécessaires pour poser l'équation. Et nous pourrions non seulement reconnaître le sens de l'expression, mais aussi mesurer le degré de l'énergie qui la provoque. Malheureusement le problème ne se pose pas en ces termes, et il est beaucoup plus compliqué. Au moment où une émotion tend à s'exprimer d'une certaine façon, au moyen d'un certain groupe de muscles de la face, du tronc ou des membres, il intervient souvent une cause perturbatrice ou modératrice, par laquelle la mimique est modifiée de différentes manières, et le résultat final pour une même émotion peut être complètement changé. Aussi pouvons-nous soutenir que dans la mimique les émotions simples sont les plus rares, et qu'en général nous avons sous les yeux une résultante de forces diverses et opposées se faisant équilibre et se modifiant mutuellement. C'est là la principale objection qu'on ait élevée contre la physiognomonie, considérée comme interprétant l'homme intérieur, et c'est elle qui a inspiré à Lavater son Premier fragment — Des prétemlues màprises du physionomiste K Mais, il y a un siècle, il n'avait pas à sa disposition une science expérimentale, raffinée, exigeante, inexorable, qui lui