‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 133 sur 172 · Polli, op. cit.., p. 264 et suivantes · texte numérisé non relu

Polli, op. cit.., p. 264 et suivantes

jusqu'à moitié du globe, nez spongieux, joues et menton volumineux, gras et lymphatiques, ventre souvent gonflé et obèse, tête toujours chaude parce que le cœur est voisin du cerveau, esprit irritable, inquiet, obstiné, presque toujours vaniteux et téméraire.

Constitution phtisique. Cette constitution est presque en tout l'opposé de la précédente ; elle se reconnaît à une fibre maigre, tendue, délicate, irritable, à la blancheur et à la finesse de la peau, au mélange de quelques signes du rachitisme et de la scrofule, à des cheveux ondulés, à un nez effilé et long, à des mâchoires très prononcées, à la teinte claire des cheveux et de la barbe, à la grandeur des yeux, très ouverts et le plus souvent bleus (?), à l'aspect lacté de la sclérotique, à un cou grêle, long, penché en avant, où les veines bleues sont très visibles, à une poitrine étroite et mal conformée, à un corps élancé, à des membres longs et minces. Cette constitution comporte un caractère vif, amoureux, spirituel, quelquefois satirique avec une tendance à contrefaire autrui, et un développement intellectuel toujours très précoce. Les individus de ce tempérament parlent beaucoup, mangent et dorment peu, sont d'une extrême susceptibilité, aiment la dissipation et la littérature légère.

Il y a cependant une autre variété de phtisiques qui ont un corps défait et comme écrasé, des membres d'une longueur disproportionnée, des mouvements mal équilibrés ; ils sont dépourvus de cette douceur et de cette finesse de traits propres aux premiers ; ils sont doués d'un caractère faible, indécis, timide, et ils présentent comme les autres une disposition maladive à la consomption pulmonaire.

Polli a mieux réussi l'esquisse de la physionomie phtisique prise quand la maladie est arrivée à sa dernière période et quand le dépérissement des membres est parvenu à un degré extrême.

L'œil s'est retiré sous l'arcade sourciliaire ; tantôt vif et brillant, comme s'il avait ramassé en lui toute l'énergie vitale près de s'enfuir, tantôt voilé par une paupière livide et entouré d'un cercle de bistre ; le front est abattu plutôt que courroucé ; les cheveux sont épars et en désordre, ce qui donne beaucoup d'expression au visage, surtout chez les femmes ; les tempes et les joues sont creuses, desséchées et décharnées, les coins de la bouche sont ramenés sur les dents comme par un sourire amer ; le menton est pointu et anguleux ; les lèvres sont amincies, pâles, languissantes et ne se

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