‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 134 sur 172 · CONSTITUTION PHTISIQUE O · texte numérisé non relu

CONSTITUTION PHTISIQUE O

rojoignent plus; une petite tache de vermillon donne aux pommettes des joues un aspect trompeur de vie, semblable, suivant l'expression de Balzac, à ces rougeurs de l'occident qui annoncent le coucher du soleil ; le cou est long, mince, un peu de travers, terminé par deux cordons saillants entre lesquels se trouve un creux profond, et il est i*nterrompu chez l'homme par le noyau décharné du larynx; les espaces intercostaux sont larges, et les côtes sont très apparentes de manière à former sur la poitrine une échelle double; chez la femme les mamelles ont presque disparu, il n'en reste plus que le bouton ; la clavicule est presque détachée du tronc et menace de perforer la peau distendue; les extrémités presque dépouillées des muscles, réduites à des ossements sur lesquels est collé un peu de peau semblent devoir se rompre au moindre mouvement; les articulations sont grosses et très prononcées; les doigts de la main sont desséchés, allongés, transparents, terminés par des ongles recourbés et livides; la chaleur croissante de la peau et le pouls précipité annoncent un organisme dévoré par une flamme intérieure dont le foyer est dans les poumons; la substance vivante disparaît peu à peu pour ne plus laisser que la charpente du corps. Cette terrible maladie qui moissonne souvent les existences les plus belles et les plus brillantes de jeunesse, donne une expression de pro* fonde douleur au visage et surtout au regard du moribond dont l'intelligence est restée intacte, qui assiste à son propre dépérissement et à la destruction de son corps, qui se sent ravir toutes les joies et toute la félicité que le monde promettait à sa jeunesse, et n'a désormais d'autre soulagement que la misérable consolation de faire pitié.

Si bien dessinés que soient ces tableaux, ils ont cependant le grand défaut d'osciller toujours entre une vague indétermination et la caricature de la vérité. Et les hypocondriaques, qui liront ce livre, devront se le tenir pour dit; car chacun d'eux pourrait trouver dans ces tableaux son propre portrait.

Les médecins anciens se sont occupés de pathognonomie beaucoup plus que les modernes, parce qu'ils n'avaient pas la percussion, rauscultation et tous les moyens modernes d'investigation pour examiner l'homme malade. Mais les médecins de notre temps l'ont beaucoup trop laissée de côté; aussi, aujourd'hui encore, l'on pourrait s'écrier avec Lavater, presque sans rien changer à ses paroles : « Une médecine appuyée

sur la physionomie serait un ouvrage digne de vous y illustre ZimmermannK »

Parmi les anciens, ceux qui ont écrit le plus savamment sur la pathognomonie sont, après le divin Hippocrate, Arétée, Leomnius, Emile Gampolongus, Wolff, Hoffmann, Schroder père. L'ouvrage de Samuel Quelmalz De prosoposcopia medica^ Lipsia, 1784; est aussi fort remarquable, ainsi que celui de Stahl : De facie morborum indice^ seu morborum œstimatione ex facie. Halle, 1*700. Il y a enfin à signaler un livre plus ancien, qui est très important; Thomœ Fieni, philosophi ac medici prœstantisslmi, Semiotica, sive de signis me' dicis, Lugduni 1664.

1. Lavater. Essai sur la physionomie, etc. La Haye, 1786, p. 125. Lavater ne consacre à la pathognomonie que quatre pages de son immortel ouvrage, au tome 3, dans le chapitre m, intitulé : De l'état de santé et de maladie ou Essai d'une sémiotique; mais par le peu qu'il en dit il pose d'une main sûre les données du problème, il montre qu'il en a deviné l'importance et c^u'il a pressenti les découvertes de l'avenir

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