‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 21 sur 172 · COULEUR DES YEUX · texte numérisé non relu

COULEUR DES YEUX

Les yeux gris, verts ou bleus sont presque toujours associés aux cheveux et au teint qui appartiennent au type blond; tandis que les yeux bruns ou foncés vont d'ordinaire de compagnie avec le type brun. Quelquefois cependant on trouve des yeux bleus avec des cheveux noirs ou des yeux noirs avec des cheveux blonds. Ces deux contrastes plaisent beaucoup, parce que la rareté est un élément qui exs-^'^e une grande influence sur nos jugements esthétiques.

Il arrive quelquefois, mais très rarement, que les deux yeux soient de couleur différente. Tout le monde connaît la teinte rouge des yeux des albinos ; elle vient de ce que, le pigment faisant défaut, l'iris présente la coloration des vais^seaux sanguins.

L'élément subjectif prévaut dans nos appréciations favorables ou défavorables de la couleur des yeux, et à cet égard, il y a des goûts nationaux et des goûts individuels. Je n'oublierai jamais l'éloquence avec laquelle un très savant philologue et ethnologue norwégien m'exprime son enthousiasme pour les yeux clairs (il entendait des yeux gris, clair ou bleu de ciel) et son mépris pour les yeux foncés.

Les premiers, disaient-il, sont expressifs, ils peuvent traduire toutes les émotions ; les yeux noirs au contraire n'expriment rien ; ce ne sont que des morceaux de charbons ! Je me taisais et je faisais intérieurement de tristes réflexions sur la solidité et la sûreté de nos jugements esthétiques.

Nous associons à la couleur des yeux beaucoup d'éléments esth(Hiques. psychiques, traditionnels, etc., d'après lesquels les yeux foncés nous paraissent plus propres à exprimer la passion et la sensibilité ; les yeux bleus ou gris à exprimer la douceur et la bonté. En général pourtant nous préférons les nuances très accentuées ; toutes circonstances égales d'ailleurs, nous trouvons plus beaux des yeux bleu-turquoise ou très bruns, que des yeux gris, verdàtres ou de couleur incol0)-e, comme disait un de mes professeurs d'histoire naturelle.

Les 3^eux ont un éclat variable qui contribue beaucoup à en modifier l'expression. L'œil de celui qui rit, de celui qui parle ou qui pense avec énergie est très brillant ; l'œil d'un homme stupide, débile ou malade a peu d'éclat ; celui du moribond est quelquefois presque éteint. Cet éclat mérite uni examen attentif, car c'est un des éléments les plus importants elles plus obscurs de l'étude de l'œil. Pour le moment nous devons nous contenter de dire qu'il dépend à la fois de la structure de la cornée, de sa convexité variable sous l'inlluence des muscles oculaires, des humeurs que secrète l'œil,

et surtout du voile de larmes qui en haigiie toute la surface extérieure.

Les sourcils, les paupières, les cils ne sont que des éléments secondaires ; mais ils servent à modiiler la pliysionomie.

Les sourcils peuvent être touffus, très touffus ou rares au point d'être à peine visibles. En général, nous considérons comme beaux les sourcils médiocrement touffus, bien arqués, bien dessinés, et dont les poils sont de même longueur. Nous les préférons plus accentués chez l'homme, plus délicats chez la femme, parce que ces deux formes représentent des différences sexuelles qu'on observe dans la nature.

Quand ils sont trop fournis, surtout s'ils se rejoignent, ils donnent à la physionomie une expression d'énergie qui peut aller jusqu'à la dureté et à la férocité. Quand, au contraire, ils sont presque invisibles, ils ôtent à l'œil beaucoup d'expression et constituent un élément de laideur.

Avec l'âge, les poils centraux des sourcils s'allongent et arrivent parfois à couvrir une partie de l'œil, formant ainsi une sorte de buisson hérissé qui donne au visage un aspect soit farouche, soit vénérable.

Lavater attribuait une grande importance aux sourcils, comme critérium du caractère.

Souvent les sourcils à eux seuls expriment le caractère, comme en témoignent les portraits du Tasse, de Léon Battista Alberti, de Boileau, de Turenne, de Le Févre, d'Apelle, d'Oxensiiern, de Clarke, de Newton, etc.

Les sourcils doucement arqués s'accordent aTCC la modestie et la simplicité d'une jeune vierge.

Placés en ligne droite et horizontalement, ils se rapportent à un caractère viril et vigoureux.

Quand ils sont Jiorizontaux pour une moitié, et courts pour l'autre moitié, la force de l'esprit se trouve unie à une bonté ingénue.

Je n'ai jamais vu ni un penseur profond, ni un homme ferme et judicieux avec des sourcils minces, placés très haut et partageant le front en deux parties égales.

Les sourcils minces sont un signe infaillible d'apatbie et de mollesse.

Plus ils se rapprochent des yeux, plus le caractère est sérieux, profond et solide. Celui-ci perd de sa force, de sa fermeté et de sa hardiesse, à mesure que les sourcils se relèvent.

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