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LES SIGNES

Noires, elles annoncent une hardiesse virile ; Châtaines, tête chaude et bonne humeur ; Rousses, de l'astuce ; blondes, une âme noble; Blanches, un défaut de chaleur vitale; Hérissées, de la fureur ; touffues, de la rusticité; Grosses, de l'audace ; rares, de la langueur.

En général Ja barbe est de couleur plus claire que les cheveux, chez l'homme et chez les singes anthropomorphes.

Les Signes. — Les signes peuvent se trouver sur toute la surface du corps, et aussi sur le visage, où, suivant leur position, leur grandeur, leur forme et leur couleur, ils sont un ornement ou une cause de laideur. Un petit signe brun ou très noir, posé capricieusement sur le menton d'une dame ou près de sa lèvre, ou sur sa joue, peut faire ressortir la blancheur de la peau, et, en arrêtant notre attention ajouter une grâce de plus à la beauté la plus parfaite. Il y a quelques petits signes assez heureux pour avoir recueilli plus de baisers que le milieu de la bouche; ils ont dans l'esthétique humaine presque autant de valeur que les petites fossettes qui, tantôt sur une seule joue, tantôt sur les deux, séduisent et remplissent d'amour le fortuné mortel qui les contemple.

On sait qu'à diverses époques les femmes se sont posé sur le visage des signes artificiels., et que les anciens physiognomonistes se sont amusés à chercher une correspondance entre les signes placés sur les différentes parties de notre corps.

Dalla Porta, dans le cinquième livre de son ouvrage, nous donne une figure où sont notées toutes ces correspondances : SU)" cette planche, dit-il, on voit une figure qui est moitié celle (Tun homme, moitié celle cfune femme, i^our montrer où se trouvent les signes chez l'un et Vautre; les lignes indiquent les endroits du visage et du corps. Ces lois cabalistiques, qui, d'après Dalla Porta, régissent la distribution des sig-ncs sur notre corps, sont presque toutes empruntées à l'Arabe Hali Abenragel. Voici un écliantillon de ces étranges divagations :

« Mclampe dit qu'une femme, si elle a un signe dans l'œil ou

dans le nez aura pour Vénus plus d'inclination qu'il ne convient; si une femme a un signe sur le coté du nez, elle sera insatiable de volupté. Ilali ajoute que, si l'on a un signe sur l'oreille, on en aura un autre sur la cuisse »

Le galant Casanova devait avoir lu ces anciens physiognomonistes, quand en Hollande, il préter.dit, d'après le signe

qu'il trouva sur le visage d'une belle femme, en deviner un autre dans des parties plus cachées.

Les rides. — Les rides sont des plis ou des sillons plus ou moins profonds qui se forment dans la peau par l'effet du temps, ou par l'action répétée de certaines contractions musculaires, ou, enfin, par suite d'une maladie de la nutrition.

Les rides ont été peu étudiées et mériteraient bien une monographie scientifique. J'ai consulté sur leur nature histologique mon illustre ami, le professeur Bizzozero, il m'a répondu gracieusement en me fournissant les données peu nombreuses que la science possède sur cette question.

«.Elles se développent, dit Henle ^ comme les rides du » visage dans le cours d'une longue vie, par suite de la dimi- » nation de l'électricité et de la turgescence, de l'extension » et de la dilatation croissante de la peau. . . Elles n'atteignent » pas seulement l'épiderme ; car elles se voient encore sur le » derme dépouillé de l'épiderme. »

Suivant 0. Simon, les sillons légers qui sont épars et qui se croisent sur toute la surface du corps, ont des directions correspondantes à celles des faisceaux connectifs de la peau ; leur axe est parallèle à celui des faisceaux connectifs prédominants.

G. Langer a démontré que, par le croisement des faisceaux connectifs, il se forme dans la peau des mailles rhomboïdales dont l'axe le plus long, dans les diverses régions, est parallèle à la direction de la tension naturelle de la peau. Jamais, cependant, il n'est parallèle à l'axe principal du corps; mais sur le tronc et aux extrémités, leur direction va obliquement en avant et en bas.

Je n'ai rien trouvé d'intéressant dans les traités de Kolliker, de Stricker, de Krause, de Pouchet et Tourneux.

Il paraît donc que les rides intéressent le derme tout entier, et que leur direction est déterminée par la direction prédominante des faisceaux connectifs qui constituent les portions réticulaires du derme.

La mimique, plus que l'histologie, aurait dû s'occuper de l'étude des rides, puisqu'elles signalent inexorablement certaines périodes de la vie humaine, ainsi que le dit Racine •

Quand, par d'affreux sillons, l'implacable vieillesse A sur un front hideux imprimé la tristesse.

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