LI£S RIDES
Elles peuvent aussi raconter une page de notre histoire :
Les rides sur son front ont gra\é ses exploits.
Corneille.
On peut avoir des rides sur toutes les parties du corps, aux mains, au cou, sur le ventre : mais on les rencontre de préférence sur le visage et dans les parties les plus mobiles, par exemple autour de l'œil, sur le menton, et dans l'intervalle qui va de la lèvre au nez et aux joues.
D'après leur direction, on peut diviser les rides en horizontales, perpendiculaires à l'axe du corps, obliques, arquées, et contuses ou croisées.
Les rides les plus fréquentes et les plus caractéristiques sont les suivantes :
Les rides transversales du front qui se rencontrent même chez les enfants, lorsqu'ils sont cachectiques, rachitiques ou idiots. Elles sont normales chez l'homme sain qui a dépassé quarante ans.
Les rides verticales du front^ qui apparaissent de bonne heure chez les hommes ayant beaucoup travaillé de tête, mais qui sont de règle chez tous à un certain âge.
Les rides arquées ou croisées qui sont situées dans le milieu de la région inférieure du front et qui indiquent de longues et intenses douleurs phj^siques ou morales quand elles apparaissent trop tôt.
Ldi patte d'oie qui se montre inévitablement à quarante ans et quelquefois plus tôt. Elle est constituée par des rides qui divergent en rayonnant à partir de l'angle externe de l'œil.
Les rides du nez, transversales ou descendantes, qui apparaissent dans l'âge adulte et dans la vieillesse.
La ride naso-labiale qui descend de la partie supérieuredes ailes du nez vers l'angle de la bouche. C'est peut-être la première ride que le temps fasse apparaître, et sa précocité peut être un fait d'hérédité. Je l'avais dès l'âge de vingt- deux ans.
Les rides génomentales, qui descendent, avec une légère courbe, des joues vers le menton.
Les petites rides à mailles serrées, qui couvrent tout le visage et sont une marque de vieillesse et de décrépitude.
Lesrides palpébrales, que j'appellerais volontiers ^fVii/rt/^5; elles sont très fines, elles se montrent sur la paupière supérieure et quelquefois sur la paupière inférieure. Elles donnent à l'œil un air de lassitude ; on les voit fréquemment chez les libertins, et chez les femmes à l'époque de leurs règles, surtout quand la menstruation est désordonnée et douloureuse.
Les rides apparaissent plus tôt chez l'homme que chez la femme; elles sont plus précoces et plus profondes chez les hommes nerveux, dont le visage est très mobile, et chez ceux qui, par suite de maladies successives, ont passé par des alternatives d'embonpoint et d'amaigrissement.
Contre certaines rides, il n'y a aucun remède possible, ni pour les prévenir, ni pour les effacer. Autant vaudrait vouloir arrêter les ailes du temps. Le proverbe espagnol a raison de dire : el dente miente, la cana engana, pero la arruga de^ sengana; les dents mentent, la chevelure trompe, mais les rides détrompent.
Remuer peu la face, l'oindre de substances grasses, se défendre contre les rayons trop ardents du soleil, sont d'assez bonnes précautions contre les rides; mais pour ceux qui ne mettent pas tout leur bonheur dans la vanité, je crois que le remède serait pire que le mal.
Un remède naturel et souverain consiste à engraisser, à l'époque où les rides ont coutume d'apparaître, la peau se distend et les plis qui commençaient à se former retardent leur fatale apparition. Au contraire, rien n'est plus funeste, après avoir été gras jusqu'à quarante ans, que de maigrir à l'époque des rides *.
1. Cette page sur les rides contient le germe d'une monographie qui, si 1« temps le permet, verra le jour plus tard.