‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 69 sur 172 · LES CINQ AGES DE LA VIE · texte numérisé non relu

LES CINQ AGES DE LA VIE

1er, tantôt d'une façon continue, tantôt par intermittences ; quelquefois il ne fait que pleurnicher; d'autres fois il sanglote.

A mesure que l'enfant grandit, l'expression de la douleur s'enrichit de traits nouveaux; les larmes sont moins fréquentes et remplacées en partie par des soupirs, des sanglots, des gémissements et des cris. Chez les plus intelligents, on voit apparaître comme une aurore des expressions d'ordre plus élevé, telles que le rire sardonique ou ironique, et la tristesse mélancolique. Ces formes, déjà très esthétiques, s'affinent de plus en plus dans l'adolescence et dans la première jeunesse, et atteignent pendant cette période de la vie une suprême beauté.

Le jeune homme ne pleure que très rarement; l'homme fait a d'ordinaire complètement désappris de pleurer. Mais dès que les centres nerveux s'affaiblissent, on observe dans les yeux une tendance au larmoiement qui signale les premiers degrés de la descente de la parabole de la vie.

En général, les expressions concentriques, muettes, à faibles réactions, sont propres à l'âge adulte, parce qu'alors l'expérience nous a rendus moins sensibles, ou parce que l'amourpropre et le sentiment de notre dignité interviennent pour modérer l'expression de la douleur. Les larmes, sans aucun sanglot, sans aucun trouble visible de la respiration, sont un des tableaux les plus frappants de la douleur intense dans l'âge adulte.

Dans la vieillesse, des pleurs qui coulent facilement, des lamentations rauques et plaintives, un lâche abattement, sont l'expression habituelle de la douleur, bien que l'accroissement de l'égoïsme et la dmiinution de la sensibilité tendent à faire équilibre au progrès de la faiblesse.

S'il fallait réduire à un petit nombre de tableaux les expressions les plus caractéristiques de la douleur aux différents âges de la vie, j'en ferais cinq types principaux :

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