Vieillesse. — Gémissement plaintif et larmes
En observant avec attention les expressions douloureuses des divers sens spécifiques, on peut découvrir une loi iu)uvelie qui explique beaucoup de faits obscurs de la mimique humaine et de la plus haute psychologie.
Les douleurs spécifiques des sens tiennent leur forme de la
nature spéciale de Torgane offensé; leur expression montre les artifices de la défense, aussi bien que les autres lois de sympathie qui relient chaque sens à une région donnée du cerveau, et par conséquent, du sentiment et de la pensée.
Une lumière trop vive, un défaut d'harmonie entre des couleurs, offensent directement notre œil. Nous exprimons cette douleur spécifique de la façon la plus naturelle en fermant les yeux, en plissant fortement les paupières et en contractant en même temps les muscles qui sont en relations anatomiques et physiologiques avec l'orbiculaire des paupières. Cette expression ressemble beaucoup à celle sous laquelle se manifestent les douleurs intellectuelles de la nature la plus élevée. Quand on voit une laide statue, un laid tableau, ce n'est pas la rétine qui est directement ofiénsée, c'est le centre cérébral, encore inconnu, d'où émanent les énergies esthétiques. Comme les tableaux et les statues sont l'origine première des douleurs esthétiques, nous exprimons celles-ci en fermant soit un œil, soit les deux yeux, comme si nous étions blessés par une lumière trop vive. La même chose arrive quand nous voyons ou quand nous entendons une niais.erie solennelle, à moins que par contraste, elle ne nous fasse rire*.
C'est donc icne loi que la mimique de la doideiœ visuelle est très analogue à celle des douleurs intellectuelles, et cela parce que Vœil est le sens le plus intellectuel, la source la plus féconde d'idées.
Si nous passons aux autres sens spécifiques, nous voyons la même loi se vérifier. L'ouïe est le sens qui a les rapports les plus intimes et les plus étroits avec le sentiment ; aussi l'expression de la douleur spécifique de l'ouïe est identique à celle des blessures les plus cruelles de nos affections. Dans mon Atlas de la douleur, j'ai saisi au vol l'expression d'une souffrance subite provoquée chez un jeune homme très sensible, par le frottement dont il s'aperçut tout à coup, de mes dix ongles contre une vitre.
// est donc prouvé que Vexpression spécifique de la dou^ leur auditive s'accorde avec celles des sentiments Uenveitlants, ou comme on dit dans le langage ordinaire, des affections.
L'analogie pour l'expression entre les douleurs des sens et les douleurs morales, devient encore plus évidente quand on étudie la mimique du nez.
Sous l'impression d'une odeur très mauvaise, les narines se