‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 71 sur 172 · Mantegazza, Atlante delTesoressione del dolorc · texte numérisé non relu

Mantegazza, Atlante delTesoressione del dolorc

LES DOL'LEL'fiS DES SENS Ul

serrent, la lèvre inférieure se relève, et nous exécutons involontairement certains mouvements de la face qui ont tous pour but (le restreindre l'introduction dans les cavités nasales, de l'air et par conséquent de la puanteur *. Cette mimique est en tout semblable à celle qui traduit nos sentiments de dédain et de mépris pour une chose vile ou pour un homme infâme. Quand le sentiment de notre dignité est offensé par une proposition déshonorante, quand, par une cause quelconque, nous éprouvons un sentiment de répulsion morale, nous serrons toujours les narines, nous relevons toujours la lèvre supérieure, de façon à produire quelquefois un rire sardonique.

La mimique des douleurs olfactives a donc de gramles analogies avec celle du mépris et de la dignité o/fensée.

L'étude des douleurs muettes de l'amour-propre m'a fourni l'occasion de trouver le premier les lois d'analogie mimique que je vais exposer. Quand nous offensons l'amour-propre d'un homme et que celui-ci, à cause de sa situation sociale ou par faiblesse du caractère, ne peut riposter, s'il veut pourtant nous montrer que nos offenses ne l'atteignent pas, immédiatement et involontairement les muscles de son visage s'immobiliseront presque au point d'empêcher toute mimique expressive, et d'arriver à une sorte de contraction statique. C'est là un mouvement rapide comme l'éclair; il peut écliapj)er à un observateur superficiel ; mais il est très caractéristique e^ presque identique chez tous les hommes. Cette contraction statique et cette immobilité forcée de la face a pour conséquence une accumulation de salive dans la bouche; et au bout de quelques minutes l'individu offensé est obligé de l'avaler-.

Nous pouvons donc formuler ainsi une quatrième loi : la mimique de la douleur du goût et surtout celle qui est produite par la saveur amère est semblable à celle des souffrances muettes de Vamour-propre,

L'expression des sentiments personnels est concentrique, centripète; celle des affections bienveillantes est excentrii[ue et centrifuge. Nous le verrons mieux plus tard en étudiant la mimique de la passion ; mais dès à présent il faut afiirnier le

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