‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 72 sur 172 · Darwin. The exjjression of émotions in man and animali · texte numérisé non relu

Darwin. The exjjression of émotions in man and animali

principe, qui s'applique aussi à l'expression des douleurs émanant de la même source.

Une expression très caractéristique est celle de la peur, qui pour nous n'est autre chose que la douleur de l'amour de la ine. De même que les énergies centrifuges qui se dégagent de ce sentiment sont gigantesques, de même les douleurs qui en dérivent prennent une forme expressive des plus (^ éloquentes.

La peur, comme toutes les énergies affectives égoïstes, a une pliysionomie très concentrique. La peau devient pâle, \ froide et plus tard humide de sueur; le cœur palpite fortement et irrégulièrement, puis devient lent; la respiration est pénible; le poil se hérisse comme sous Tinfluence du froid. Si la peur s'accroît et devient terreur, les ailes du nez se dilatent ; les yeux s'ouvrent démesurément comme pour contempler l'objet qui nous cause tant de frayeur; ils peuvent même se renverser et se mouvoir convulsivement vers la gauche et vers la droite. Les muscles de la face sont pris de convulsions; tout le corps peut osciller comme un pendule et présenter des mouvements spasmodiques de diverse nature ; enfin la paralysie musculaire donne au corps l'aspect cadavérique ou celui de la syncope imminente ; et les entrailles, se relâchant, laissent échapper ce qu'elles contiennent.

L'expression des douleurs de l'intelligence est peut-être la plus difficile à étudier, soit parce que leur mimique est peu expansive, soit parce qu'elles sont toujours compliquées d'autres souffrances et notamment de celles de l'amourpropre.

lia mimique douloureuse de la pensée, outre l'occlusion ou la contraction spasmodique de l'œil, que nous avons déjà signalées, se groupe toujours autour de la tête qui est le siège principal et naturel de ce genre de souffrance. La tête oscille de C(3té et d'autre, le front se ride, on se frappe le crâne avec les mains. Quelquefois, avec un seul doigt, on martelle à coups répétés un certain point du front, de même qu'on secoue une pendule quand elle s'est arrêtée pour essayer de la remettre en mouvement. D'autres fois, on se gratte la tête ou bien, en se couvrant la figure avec la paume des mains largement ouvertes, on se plonge dans une méditation longue et douloureuse. Et dans bien des cas, on voit s'y joindre le rire sardonique, qui accompagne si souvent les douleurs nobles et élevées.

Mantegazza. — Phijsionomie.

PI. III (p. 112),

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