Giov. Battista. Dalla Porta. 0^. cit
Signes de la probité, — Il n'y a pas de formes de visage qui ne soient susceptibles d'un certain fonds de probité ; mais toutes ne s'y prêtent pas indistinctement. Les physionomies les plus laides et les plus disgraciées sont quelquefois les plus honnêtes ; les plus plus belles et les mieux proportionnées sont souvent trompeuses. Néanmoins, je me fierais plus volontiers à une figure régulière qu'à des trails contournés. Quand les sourcils, les yeux, le nez et les lèvres sont en harmonie, l'expression de la probité n'en acquiert que plus de certitude.
On ne risque rien à appeler honnête une figure qui réunit au même degré l'énergie et la bonté. La bonté, quand elle est seule, entreprend des choses qui sont au- dessus de ses forces : elle promet ce qu'elle ne peut tenir, elle commence ce qu'elle ne peut accomplir. L'énergie, quand elle n'est pas adoucie par la bonté, est difficile à mettre en mouvement ; elle ne fait pas ce qu'elle pourrait ; elle devient oppressive et injuste. La bonté sans énergie est une nuée sans eau ; l'énergie sans bonté, un poids sans levier. Quand on ne possède qu'une seule de ces deux qualités, on ne peut être parfaitement bon. L'énergie toute seule est dureté, el une bonté excessive dégénère en simplicité. L'un pèche par défaut de douceur, l'autre par excès de rigueur, c'est dans un juste milieu qu'on trouve la force active, l'équité, la probité.
Ainsi les mollesses et les duretés, tant qu'elles restent isolées, ne s'associent pas à la proMIfe., Celle-ci exige à la fois de la facilité et de la force, une force qui né s^fiij)astofip^ressive qt une facilité dont on ne puisse pas se jouer, la consciencè""de-ce que*notf^s^3mm4à et de ce . que nous ne sommes pas, de ce que nous avons et de^ctTî^ni nous» manque ; de ce que nous pouvons faire et de ce qiîi est au-dessus de notre pouvoir. Tels sont les traits fondamentaux de l'honnêteté. L'astuce est un défaut d'énergie que l'on cherche à dissimuler par un effort. Tout effort qui ne répond pas à une force interne ou à une cause extérieure immédiate est une feinte. Ce qui est feint n'est pas naturel, et ce qui n'est pas naturel est contraire à l'honnêteté.
Et plus loin :
Je reconnais surtout l'honnête homme, comme le vrai sage, à la manière dont il sait écouler. C'est à ce moment-là que l'énergieet la bonté et leurs rapports réciproques se montrent le plus clairement.
Je compte encore au nombre des traits physiognomoniques de la probité, une certaine clarté dans les yeux, un regard lumineux qui semble réunir le calme à la mobilité, et qui tient le milieu entre le regard brillant et le regard éteint; — une bouche sans grimaces et sans contorsions, — l'harmonie entre les mouvements des lèvres et ceux des yeux, — un teint qui ne soit ni trop plombé ni trop sanguin, ni trop pâle.
Les signes que je viens d'énumérer peuvent manquer dans beaucoup de physionomies honnêtes ; mais il est bien difficile de les trouver réunis dans la physionomie d'un fourbe.
Un homme qui, en riant à cœur ouvert, ne laisse pas échapper le