‹ La physionomie et l'expression des sentimentsChapitre 80 sur 172 · PHYSIONOMIE DU GALANT HOMME · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE DU GALANT HOMME

moindre signe d'ironie, qui, après la première explosion de gaieté, continue à sourire paisiblement et dont le visage prend ensuite une expression de satisfaction et de sérénité, mérite très certainement notre confiance, et sa probité ne doit pas être mise en doute En général les diverses expressions du rire et du sourire, peuvent être considérées comme des indices caractéristiques de rhonnètelé et de la fourberie.

Et voyez comme Lavater, qui était un prêtre et un saint homme, estimait peu ses confrères. Il termine son chapitre par ces paroles :

Lci traits pbysiognomoniques du courage accompagnent ceux de la probité. Toute fraude est une lâcheté. IVaprès ce principe, je crois qu'il n'est pas de condition où rhonueleté soit plus connue que chez les militaires. Elle est d'autant plus rare dans une autre profession. . . . que je ne veux pas nommer.

Nous avons voulu reproduire toute une page de l'œuvre de Lavater, parce qu'on y trouve réunis les défauts et les qualités de limmortel écrivain : Quand on vient de lire Dalla Porta et Le Pelletier, on se sent transporté dans une atmosphère plus respirable, on admire la finesse des observations psychologiques, la sensibilité toute féminine qui sait distinguer dans le clair-obscur les traits les plus délicats de la nature humaine. — Mais que d'incertitude dans les lignes, que de conjectures substituées à l'observation, quelle confusion perpétuelle entre les faits et leur interprétation !

Aujourd'hui, nous sommes avec raison devenus plus exigeants en fait de méthodes scientifiques ; aussi dans l'étude de l'interprétation de la physionomie et de la mimique, avonsnous plus souvent à détruire qu'à construire. Aujourd'hui, nous devons nous borner à dire que chez les hommes disposés au bien, la mimique la plus fréquente est celle de la bienveillance, et que, par suite, on trouve à l'état permanent sur leur visage les expressions que nous avons chercli»* à analyser et à étudier dans ce chapitre. Si i)ourtant on exige de moi une définition, un aphorisme, voici le mien dans toute son indigence volontaire.

La face du galant homrae est, par-dessus tout, franche parce qu'il n'a rien à cacher'; elle est sereine et riante parce Vexercice des affections douces est une des joies les plus sib-es et les plus durables de notre vie.

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