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DAnv-ix, Op. c't., page

132 LA MLMIQUE DE LA DÉVOTlOiN

gradantes de cette mimique, telles que ramper sur le ventre, lécher la terre, mettre sa tête sous le pied de celui qu'on veut honorer.

Je sortirais des limites que je me suis tracées, si je voulais faire une histoire des marques de respect et des signes en usage à diverses époques et chez divers peuples pour indiquer le rang occupé dans la hiérarchie sociale. Ici l'expression naturelle cède le pas à la convention et nous entrons dans le domaine du langage conventionnel qui a une tout autre origine que la mimique. Chez presque tous les peuples civilisés c'est un signe de respect que d'ôter son chapeau ; dans d'autres contrées ce serait un manque de respect. Et même chez nous, les hommes seuls se découvrent et non les femmes. C'est peut-être (comme le pense Tylor) parce qu'au moyen-âge les hommes devaient se désarmer et ôter leur casque avant d'entrer dans une église ou chez un ami. Le salut varie non seulement avec le sexe, l'époque et la race, mais aussi avec la profession ; car, chez nous, le soldat ne peut ôter sa coiffure pour saluer, mais doit seulement porter la main à la tête.

Dans le peu que nous avons dit jusqu'ici on trouve tous les éléments nécessaires pour déterminer la mimique religieuse qui n'est pas un monde à part, mais un territoire où se confondent les énergies les plus variées, les aspirations les plus hautes et les frayeurs les plus basses pour former un mélange empirique qu'il sera toujours très difficile de définir scientifiquement.

Dans la mimique religieuse, on retrouve la vénération, la stupeur, l'affection ardente, la terreur, l'espérance, tout ce que peuvent nous inspirer les hommes ou les objets inanimés qui les représentent. Le seul trait qui lui appartienne en propre, consiste à lever les yeux au ciel, sans doute parce que c'est là qu'on s'imagine voir Dieu et les saints. Dans l'extase religieuse, les yeux peuvent se renverser jusqu'à faire disparaître la cornée, comme cela arrive pendant le sommeil.

Comme l'art a été, pendant des siècles, presque uniquement religieux, nous avons des milliers de reproductions de la dévotion simple et du martyre, de l'humble prière et de l'extase hystérique; mais, môme dans les œuvres immortelles des grands peintres et des grands écrivains, nous ne trouverions pas une expression qui diffère en quoi que ce soit de la mimique de la vénération, de la crainte, de l'espérance, du plaisir ou de la douleur. Avec un peu d'imagination, on peut fabriquer autant de mondes surnaturels que l'on veut ; mais

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