DIAGNOSTIC
De la précocité du diagnostic dépend en grande partie l’évolution future de l’arthrite, car « l’arthrite blennorragique vieillit vite » et si on ne la traite pas rapidement la fonction en dépend. « I] n’y a de chance de cure véritable que dans un-prompt diagnostic. »
Nous ne nous attarderons pas au diagnostic différentiel ,dans cette étude intentionnellement breve,
L'examen clinique doit être minutieux, l’interrogatoire serré. Il doit toujours s’efforcer de découvrir l'existence d’un foyer primitif d'infection gonococcique qui permette de rattacher la notion d’arthrite à celle de la blennorragie. Mais l'examen clinique est bien souvent insuffisant dans ces recherches. La varia-
Cr
bilité des aspects cliniques peut aussi retarder le diagnostic, et il ne faut pas surtout s’attarder sur l'épreuve prolongée du salicylate « routine malfaisante ».
« Une certitude peut être obtenue », dit Mondor, « la découverte du gonocoque. Cette découverte doit être le but du clinicien. Faute de signe clinique cerain, nous avons la possibilité de cette démonstration le plus souvent pertinente. il faut tout faire et dès les tous premiers jours, pour vérifier l’origine gonococcique de l’arthrite, de la polyarthrite, ou en écarter, en toute conscience et sécurité, l'hypothèse. »
Dans bien des cas il faudra donc avoir recours aux recherches de laboratoire : recherches cytologiques, bactériologiques et biologiques, aux résultats desquelles il faudra toujours adjoindre les renseignements donnés par une bonne radiographie.
1° Diagnostic cytologique. — En règle générale il y aurait polynueléose au début, puis mononucléose, la polynucléose pouvant reparaitre à chaque nouvelle poussée. Mais, comme le dit Mondor : « si la monucléose peut signifier évolution vers la guérison, elle est loin de signifier guérison; dans les formes prolongées, malgré sa constance, les grandes désordres articulaires se poursuivent ». ù
2° Diagnostic bactériologique. — Par examen direct où mieux par culture, on cherche à dépister le gonocoque, au besoin par des examens trois, quatre, six fois répétés.
On pratique ces recherches :
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— au niveau de l'arthrite : lexamen direct est le plus souvent négatif.
Par culture, au contraire, si on procède dans les huit premiers jours, on peut mettre en évidence le gonocoque dans 78 % des cas d’après Debré et Paraf, et même 80 % d’après Lecène.
Plus tard, on peut déceler le microbe dans les culsde-sacs synoviaux et dans les franges, séreuses, où il a une grosse vitalité, contrairement à ce que l’on a soutenu.
— au niveau des voies génitales. — I] faut recourir à l’expression de l’urèthre, des vésicules, de la prostate, à la spermoculture, à l'examen des sécrétions utérines et vaginales.
— dans le sang, lhémoculture est difficile: il faut choisir une période de recrudescence thermique, suivant le conseil de Faure-Baulieu.
3° Diagnostic biologique. — La réaction biologique la plus importante est la réaction de fixation du complément, ou gono-réaction de Muller et Oppenheim (1906).
Cette méthode a une grande valeur : elle donne jusqu’à 87 % de résultats avec la technique de Rubinstein; d’autre part n’étant positive que chez les blennorragiques, elle a une valeur absolue (réserve faite de certains cas où le Bordet-Wassermann est rortement positif : alors la gono-réaction peut être faiblement positive).
J1 faut aussi noter que le traitement par la gonacrine la réactive souvent au début d’après Jausion; de
ne co
mème par la vaccinothérapie spécifique, douze jours après le début du traitement et pendant six à huit semaines après la dernière injection.
4 Diagnostic radiologique, — Il nous faut £onslater que la radiographie est souvent — trop souvent — inutilisée dans la pralique. En réalité ïl est vrai, l'arthrite blennorragique a des aspects radiologiques multiples et pas « un seul signe véritablement révélateur ». :
À la période aigue on constate :
1° qu'iln'y a parfois aucun signe radiologique appréciable;
2° Je plus souvent, ii existe cependant une décalcification importante et rapide des épiphyses articulaires : ce signe est le plus précoce, le plus constant et par suite le plus important au point de vue du diagnoslic. Il reste souvent isolé pendant longtemps avant qu'apparaissent les érosions et le pincement articulaire qui sont des signes tardifs et souvent même n’apparaissent pas. C’est grâce à cet ensemble de signes qu'on peut faire le diagnostic radiologique de certaines arthrites gonococciques subaiguës d’avec les arthrites tuberculeuses. Dans celles-ci, en effet, il y a bien aussi décalcification, pincement articulaire, érosion, mais le pincement articulaire et même les érosions, sont beaucoup plus précoces.
3° L’interligne articulaire est souvent normal, il peut aussi être flou et, à un degré de plus. pincé dans les formes graves : précocement dans les arthrites suppurées aiguës, plus tardivement dans d’autres for-