‹ La Physiothérapie des Arthrites GonococciquesChapitre 15 sur 45 · PATES OÙ POMMADES RADIO-ACTIVES · texte numérisé non relu

PATES OÙ POMMADES RADIO-ACTIVES

— Quelques auteurs ont vanté les applications de pâtes ou pommades radio-actives à base de thorium X (Lazarine) ou d’émanation de radium. Certains frictionnent la peau recouvrant l’articulation malade avec ces produits. D’autres déposent la pommade en faible épaisseur sur la région atteinte, recouvrent d’un taffetas gommé et d’une bande et laissent le tout en place pendant un temps variable de 24 heures à 3 ou 4 jours suivant l’activité du produit utilisé. Si les applications sont trop prolongées, on peut observer des réactions érythémateuses avec pigmentation consécutive.

Dans certains cas, ces applications peuvent avoir quelques effets heureux, assez comparables à ceux qu’on obtient avec les boues. Mais, en pratique, elles sont peu où pas employées.

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4° BAINS RADIO-ACTIFS. —— Des bains radioactifs naturels sont donnés dans certaines stations thermales. Nous avons vu qu’on pourrait aussi dissoudre des boues radio-actives minérales dans l’eau d’une baignoire. On peut encore pratiquer la balnéation en utilisant des bains chargés d’émanation à la dose de 20.000 à 30.000 millimicrocuries. Ces bains ont un certain effet sédatif, utilisé dans les cas chroniques, mais leur action n’est pas tant due au rayonnement des divers éléments radio-actifs amenés au contact de la peau, qu’à l'absorption par inhalation de la vapeur d’eau chargée d’émanation. Quant à l’absorption par les pores de la peau, elle est assez minime (Meyer et Lowenthal la supposaient négligeable).

Il. — Curiéthérapie interne

On peut introduire dans l'organisme diverses substances radio-actives : sels de radium, dérivés de thorium, émanations.

Par suite de l’introduction dans l’organisme, les trois sortes de rayonnements sont utilisés, en particulier et surtout le rayonnement alpha, qui était éliminé dans les applications externes.

Etant donnés la diffusion dans lPorganisme et l'emploi des faibles doses l’action destructive du rayonnement cède le pas à l’action stimulante et sédative. Il y a activation des phénomènes biologiques

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donc des moyens de défense contre l'infection. Il se produit une oxygénation et en même temps une désintoxication des tissus, avec élimination des produits toxiques. Peut-être aussi y a-t-il une certaine action bactéricide efficace. Enfin, il y a action sur le sang et les organes hématopoïétiques: à petites doses, il y a augmentation du nombre des globules rouges ; avec des doses plus fortes, il se produit une destruction globulaire, surtout marquée par les leucocytes.

Tels sont les grands-effets biologiques de la curiéthérapie interne. Nous verrons cependant que chaque corps radio-actif a des propriétés un peu différenles qui lui sont propres, ce qui entraîne un certain particularisme clinique.

1° SELS DE RADIUM. — Les sels de radium ont été employés par Chevrier (1910) en injections intraarticulaires et péri-articulaires.

Il utilisait le sulfate de radium insoluble en suspension liquide, à la dose de 20 à 40 microgrammes par injection : une seule injection suffisait.

Dans nydarthrose aiguë ou chronique il injectait la solution dans l’articulation après ponction évacuatrice.

Dans les formes phlegmasiques, il injectait ie liquide autour de l'articulation par des piqûres multiples.

D'après Chevrier, les douleurs disparaissaient totalementi en moins de 24 heures, les infiltrats et exsudats artcuiaires se résorbaient plus lentement : vers

Base TR

le 6° jour dans les formes plastiques anHylosantes, vers le 16° dans les hydarthroses aiguës, du 30° au 60° jour dans les hydarthroses chroniques.

Malgré ces beaux résultats, la méthode de Chevrier ect actuellement totalement abandonnée tant à cause de son prix de revient très élevé que pour les risques locaux ou généraux que peut faire courir la stagnalicn de substances radio-actives dans l’organisne. Dominici, À. et S. Laborde ont, en effet, établi, dès 1912, que les sels insolubles de radium injectés dans les muscles restaient en grande quantité au point d'injection et qu’au bout de 131 jours il pouvait encore er rester 50 % (or la diffusion doit être encore plus lente avec la méthode Chevrier). Cet écueil ne serait d’ailleurs pas évité par l'emploi de sels solubles, tels que le bromure de radium : au bout de 13 jours, il peut, en effet, en rester encore 25 % dans | l’organisme en particulier dans la moelle osseuse, passés à l’état de sels insolubles.

Ces considérations n’arrêtent point cependant certains médecins, surtout à l’étranger, et de nouvelles spécialités, contenant des sels de radium, voient sans cesse le jour. Un produit contenant une solution de sel de radium et d’atophan jouit actuellement d’une certaine faveur, principalement en Allemagne, son pays d’origine. Îl n’y aurait eu, jusqu'ici, aucun accident.

Quoiqu'il en soit, la méthode étant dangereuse dans son principe et les résultats qu’elle donne n’étant pas supérieurs à ceux qu’on obtient par d'autres pro-

cédés inoffensifs, nous considérons qu’elle doit être abandonnée.

2° MESOTHORIUM. — En 1919, Carnot et Guilläume ont préconisé les injections intra-veineuses de bromure de mésothorium, en solution isotonique contenant 1 microgramme par 3 cm° à raison de 12 injections quotidiennes de 2 à 5 microgrammes, renouvelées au besoin au bout de 15 jours à 3 semaines. On peut aussi faire une série de douze injections souscutanées ou intra-musculaires quotidiennes de 1 à 5 microgrammes.

Le mésothorium est le premier dérivé du thorium. Il se désintègre très lentement (sa demi-existence étant de 6 à 7 ans) en donnant naissance au radiothorium, au thorium X, au thoron, etc. avec émission des trois ordres de radiations Alpha, Béta et Gamma; les rayons Alpha étant les principaux (92 %). L’élimination du mésothorium est très lente, il reste plusieurs mois dans l’organisme, fixé sur les tissus osseux et la moelle.

La désintégration et l'élimination du mésothodium étant lentes, son action est douce et prolongée.

Carnot et Guillaume ont obtenu de beaux résultats dans le traitement de certains rhumatismes chroniques rebelles. D’autres auteurs, dont Vignal, ont aussi publié des observations favorables, mais la médication est loin d’être sans échecs.

Enfin, si elle est douce, elle n’est pas cependant tout à fait exempte de dangers.

Les injections de mésothorium sont donc actuellement très peu utilisées.

3° THORIUM X. —- Les injections de thorium X ont été préconisées, dès 1912, par Stéphen Chauvet, puis par Léri et Thomas (à l’instigation du prof. Gabriel Petit, d’Alfort), par Aversenq, Aubertin, Mathieu, Pierre Weill et plus récemment par Heitz-Boyer, Marsan et Tissot.

Le thorium X présente le grand avantage de se détruire rapidement : il perd la moitié de son activité en 3 jours 64 et au bout de 16 jours, celle-ci a pratiquement disparu (5 %). Comme conséquence de cette désintégration rapide, l’activité du thorium X est particulièrement grande. Autre conséquence : il ne peut être utilisé que frais, très peu de temps après sa fabrication.

L’élimination du thorium X est, elle aussi, rapide: par les poumons, sous forme d’émanation, par l’intestin et par les reins.

Ainsi done, tandis qu’avec le mésothorium on soumet l’organisme à une irradiation douce et prolongée, avec le thorium X on le soumet à une irradiation intense et de peu de durée.

La technique varie un peu avec les auteurs. Les uns pratiquent les injections sous-cutanées, les autres intra-musculaires ou intra-veineuses. Les doses varient entre 100 et 500 micragrammes par semaine ; cependant actuellement on n’emploie plus que les doses faibles ou moyennes. Aversenq fait des injec-

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