Lumiére blanche et lumitre colorée
La lumière blanche est composée de sept couleurs qui sont en allant des grandes longueurs d’ondes (7.200 U.A.) vers les petites (3.900 U.A.) donc des plus vers les moins pénétrantes : le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo, le violet. |
La lumière blanche ou colorée peut provenir des rayons solaires ou d’une ampoule électrique avec interposition d’un écran coloré si l’on veut obtenir une sélection des radiations.
En pratique, on utilise presque uniquement la lumière artificielle blanche ou bleu ou rouge.
Dans le traitement des arthrites gonococciques, les applications se font toujours localement.
Le dispositif” peut être extrêmement simple. fl suffit d’avoir une ampoule électrique de 100 à 200 bougies dont les rayons sont concentrés par un réflecteur parabolique. L’ampoule est en verre blanc ou teinté eu rouge franc ou en bleu-cobalt. On peut aussi utiliser des appareils en forme de caisse contenant des lampes à incandescence (Miramont de la Roquette).
Delherm et Laquerrière ont construit une chaîne thermo-lumineuse qui s'adapte à toutes les formes du corps et est actuellement très répandue.
La distance moyenne des lampes aux téguments est de 10 à 15 cm. On apprécie à la main la chaleur de la peau. Les séances durent 10 à 15 minutes au début, puis on monte progressivement jusqu’à 30 minutes. On peut renouveler les séances deux fois par jour.
La Iumière blanche produit une réaction de la peau et de l’hypoderme, une vaso-dilatation superficielle intense, d’où activation de la circulation et des échanges. Ses effets calorifiques et analgésiques sont extrêmement nets. L’action calorifique de la lumière blanche est plus profonde que celle de l'air chaud.
La lumière rouge provoque une vaso-dilatation superficielle un peu moins intense. Elle agit surtout en profondeur où elle a une action thermique remarquable, décongestive et calmante.
Avec la lumière bleue, la vaso-dilatation est plus marquée qu'avec la lumière rouge, moins qu'avec la lumière blanche, la peau et les tissus sous-cutanés se gonflent. l’échauffement en profondeur est moindre inais l’anesthésie superficielle est très nette.
Indications. — La photo-thermothérapie locale constitue un agent thérapeutique parfois utile dans le iraitement des arthrites gonococciques.
C’est avant tout un analgésique et il est classique de dire que sur les algies très aigues il est préférable de commencer un traitement par la lumière avec des rayons bleus qui calment l’hyperesthésie cutanée, sans nécessiter d’application directe sur la peau, puis de s'adresser à la lumière blanche et enfin à la lumière rouge.
in pratique, la lumière blanche est à peu près seule utilisée, rares étant les arthrites gonococciques où elle est moins bien tolérée que la lumière bleue, et les rayons infra-rouges étant employés de préférence à la lumière-rouge (quoique, il ne soit pas prouvé qu'ils aient une action très supérieure).
On a donc recours à la lumière blanche dans les cas aigus très douloureux, mais c’est toujours en association avec un autre agent plus actif sur la lésion elle-même : rayons X, radium, courant galvanique. On
peut aussi l'essayer, parfois avec succès, dans les formes arthralgiques simples aiguës ou chroniques.
2, Rayons infra-rouges.
Lec rayons I.R. possèdent un spectre très étendu qui va du spectre visible jusqu'aux ondes hertziennes, de 8.000 U.A. jusqu’à 6 mm. ; mais, en pratique. l'émission des sources d'infra-rouges ne dépasse guère 15.000 U.A.
Les rayons LR. sont émis par tout corps dont la température dépasse le zéro absolu, mais. à basse température, l'émission est d'intensité faible. Les appareils les plus simples et les plus répandus sont composés d'une lampe demi-watt de 500 à 1.000 bougies ou d'une résistance électrique portée au rouge sombre, dont les rayons sont concentrés par un réflecteur parabolique. Si on désire éliminer les rayons lumineux visibles, (ce qui ne semble pas présenter d'utilité pratique pour la lumière rouge tout au moins) on peut interposer un écran de marmorite.
Les rayons IL R. ont un pouvoir de pénétration assez grand. Lorsqu'ils sont absorbés, ils se transforment en énergie thermiqué, et la chaleur ainsi produite -à an ou deux centimètres de profondeur se transmet par conductibilité aux zones sous-jacentes.
L'action biologique des infra-rouges découle de cette transformation cn chaleur. Il en résulte une vasodilatation intense avec rougeur de la peau, gonflement des capillaires. La phagocytose, la prolifération cellu-
laire, les échanges sont-activés. Enfin les rayons infrarouges ont une action sédative nette sur les douleurs.
La technique des irradiations est simple. On place l'articulation inalade sous la lampe à une distance telle que la chaleur soit supportable, soit de 30 cm. à 1 mètre suivant ia force de l'appareil. Les séances doivent être longues, 3/4 d’heure, 1 heure et elles peuvent être répétées quotidiennement ou même deux fois par jour (Dausset) sans inconvénient.
Résultats thérapeutiques el indications. — Les rayons infra-rouges ont été recommandés par de nombreux auteurs dans le traitement des arthrites gonococciques. Delherm, Dausset, etc. insistent sur son emploi précoce dès la période aiguë. Les rayons infrarouges constituent, en effet, et mieux que la lumière blanche, un excellent agent thérapeutique, facile à appliauer et araenaut une sédation le plus souvent rapide et remarquable de Iä douleur, tout en luttant contre l'infection en exaltant les réactions locales de défense. Les formes aiguës constitueront donc l'indication principale des rayons infra-rouges; à ce traitement préliminaire, il faudra d’ailleurs associer rapidement un autre traitement plus actif, (par la radiothérapie par exemple) car seules les formes légères peuvent guérir par les seuls infra-rouges.
On pourra aussi les essayer dans certains cas chroniques douloureux ou avec épanchement.
Enfin, étant donné leurs propriétés antagonistes des rayons X ou gamma, il y a lieu d'utiliser les rayons infra-rouges toutes les fois qu’on aura donné une dose
excessive de rayons X ou gamma et qu'on craindra une radiodermite. On pourra de même faire des applications d'infra-rouges pour empêcher ou faire céder les poussées douloureuses qui suivent parfois les preinières séances de radiothérapie dans les cas aigus.