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citer les bains sulfureux, arsénicaux et thérébentinés.
Les bains thérébentinés, préconisés en Angleterre par Howard Pinkney, ont connu un moment la vogue en France à la suite des communications de Balzer à la Société de Dermatologie (1895). On met 200 à 400 gr. d'un mélange à parties égales d’émulsion acqueuse de savon noir et d'essence de térébenthine pour un grand bain, et 50 gr. pour un bain local. La révulsion est intense et la peau devient rouge, chaude, glissante. D'après Balzer, l'amélioration est parfois très rapide, quelques bains suffisent ; dans d’autres cas il faut les continuer plus longtemps, mais, dans l’ensemble, les résultats seraient meilleurs qu'avec les bains simples hyperthermaux ou les autres formules de bains médicamenteux.
Les douches sont rarement employées seules dans le traitement des arthrites gonococciques. Elles sont le plus souvent associées aux bains, soit sous la forme de douches sous-marines, soit sous forme de douches consécutives aux bains. Si l'articulation est encore douloureuse, on doit avoir recours aux douches en pluie de préférence aux douches en jet, trop percutantes. Ces douches sont généralement chaudes et même très chaudes, ou encore progressivement refroidies. Les douches écossaises ne peuvent être données que dans les cas anciens, dont le processus infectieux est complètement éteint.
Les pratiques hydrothérapiques, sont souvent précédées avec avantage de baïns de chaleur sèche ou humide et surtout de bains thermo-lumineux : « la ther-
mothérapie agit en préparant les tissus à des phénamènes de vaso-dilatation, de congestion ; et l’hydroathérapie consécutive provoque une réaction locale qui aura pour effet de stabiliser cette suractivité de la circulation et des échanges, de favoriser la diapédèse, d'arrêter la sudation, lorsqu'elle a été suffisament prolongée, et d'empêcher un fâcheux refroidissement consécutif ». (Chartier.)
On a aussi grand avantage à associer le massage et la mobilisation aux douches et aux bains : Ces manipultions sont alors beaucoup moins douloureuses. Elles peuvent se pratiquer après le bain ou la douche. Le plus souvent elles se font sous la douche (douchemassage d'Aix-les-Bains) ou dans le bain (massage sous l’eau).
Les pratiques hydrothérapiques que nous venons d'envisager peuvent se faire en dehors des stations hydro-minérales. Il y a cependant grand avantage à orienter vers celles-ci les malades atteints d’arthrites chroniques, tant à cause de la vertu particulière des eaux que de l’organisation parfaite des institus physiothérapiques qui sont adjoints aux établissements thermaux. « Sans doute une cure thermale ne peut prétendre à rétabiir dans leur intégrité première des surfaces osteo-articulaires profondément altérées, à faire disparaître des hyperostoses volumineuses ou à régénérer des condyles athrophiés. L'action de la cure thermale sédative, toni-excitante, ou résolutive, se fera donc surtout sentir sur les tissus périarticulaires
plus ou moins modifiés mais dont les altérations sont réparables. » (Rathery.)
Il existe en France un nombre imposant de stations thermales susceptibles de recevoir les malades atteints d’arthrites gonococciques. Ceux-ci ne peuvent cependant aller indifféremment dans l’une ou Pautre de ces stations, sur le simple énoncé de la nature de ‘ leur affection.
A la période aigué, il ne peut être évidemment question de cure hydrominérale. Maïs sitôt disparue, — où même parfois seulement atténuée, — la grosse réaction inflammatoire du début, il convient de diriger les malades vers Néris, Luxeuil, Plombières, Bains-les-Bains, Bourbon-Lancy, dont les eaux, éminemment sédatives et calmantes, agissent surtout par leur hyperthermalité et leur radioactivité; elles sont très peu minérales. :
Plus tard l’apyrexie étant complète depuis un temps suffisamment prolongé, on peut prescrire les eaux sulfureuses ou chlorurées, telles que celles d’Aïxles-Bains ou de Bourbonne ou Bourbon-l’Archambault. A cette période, les bains de boue de Saint- Amand et surtout de Dax sont aussi particulièrement indiqués.
Les méthodes de cures sont extrêmement variées, chaque station ayant souvent ses procédés techniques spéciaux.
La cure de boisson n’a ici qu’une importance secondaire. Elle est cependant traditionnelle.
La cure externe a le rôle prédominant : bains
d’eau en nature et bains de boues, douches, massages, Bouillon, Berthollet, bains thermo-résineux...
Le mode d'action de ces cures sur les arthrites gonococciques est fort complexe. Il est certain cependant qu'elles agissent surtout grâce à leur thermalité et à leur radioactivité. Leur composition chimique est sans doute moins importante. Mais il est d’autres facteurs dont la notion est récente et la valeur non négligeable, quoique assez difficilement appréciable : ionisation, isotonie, potentiel d’oxydo-réduction, PH, etc. Enfin, il ne convient pas d'oublier qu'aux pratiques hydrominérales pures sont toujours associées certaines pratiques physiothérapiques dont l’importance apparaît souvent capitale dans l’analyse des causes et l’interprétation des résultats.