ETUDE COMPARATIVE DES DIVERS PROCEDES THERAPEUTIQUES
Leur application aux différentes formes cliniques d'arthrites gonococciques
La physiothérapie groupe un ensemble d'agents particulièrement précieux dans le traitement des arthrites gonococciques.
Malgré son efficacité, elle ne peut cependant prétendre à en constituer toute la thérapeutique et si certains auteurs considèrent la radiothérapie comme pouvant suffire à assurer le traitement de la maladie infectieuse gonococcique dans toutes ses manifestations : génitales, articulaires ou autres, ces conclusions nous semblent bien avancées. Seule, la thérapeutique spécifique pourrait, tout au moins en principe, avoir cette prétention.
« Le fait fondamental qui, à notre avis », écrivent Ravaut et Boulin, « doit diriger la thérapeutique du R.B., c’est que cette maladie représente la généralisation d’une affection primitivement locale : il importe donc de traiter simultanément le foyer infectieux primitif, l’état septicémique, les localisations articulaires. »
Aux médecins revient le soin de traiter la septi-
cémie par les vaccins, les sérums, la gonacrine, etc. Ce traitement est capital. Il donne parfois à lui seul de brillants résultats. Souvent, hélas ! aussi, il donne de gros déboires. « La sérothérapie et la vaccinothérapie antigonococciques ne fournissent que des résultats inconstants » ,dit justement Lemierre. Mais le traitement spécifique étant logique, nul ne nous semble avoir le droit de le négliger : tous nos malades ont été vaccinés, préventivement ou concurremment au traitement physiothérapique.
Le traitement du foyer infectieux primitif est lui aussi très important. « Voyez plutôt », disait Rollet dès 1858, « le rhumatisme blennorragique qu’on a guéri sans guérir complètement l’uréthrite, sans mettre le canal à sec : il est presque infailliblement suivi de récidive ». La physiothérapie a un rôle à jouer dans ce traitement grâce à la d’Arsonvalisation et peut-être aussi à la radiothérapie. Le Goff a en effet rapporté quelques cas où, à la suite d’irradiations à faibles doses de localisations secondaires, la gonorrhée a rapidement disparu.
La nécessité du traitement local articulaire est commandée tant par les échecs, malheureusement trop fréquents encore, du traitement spécifique, que par la rapidité avec laquelle l’arthrite gonococcique évolue vers l'ankylose.
C'est sur ce terrain du traitement local que se rencontrent chirurgiens et physiothérapeutes.
Mondor conclut en faveur de l’arthrotomie « contre les épanchements, les atroces douleurs, la fièvre,
l'infection articulaire grave ». Il laisse aux médecins le soin de gutrir « les arthralgies, les polyarthrites subaiguës, les polyarthrites prolongées et chroniques ». Cette opinion est un peu excessive. Si beaucoup conseillent encore l’arthrotomie dans les formes suppurées graves, quoique de beaux succès aient pu étre enregistrés dons ces cas par d’autres traitements plus simples (rayons X ou gamma), le chirurgien n’a pas à intervenir d'emblée, à notre avis, dans les formes hydarthrosiques, ni même pseudo-phlegmoneuses, où, comme le font très justement remarquer Ravaut et Boulin, « l’inflammation est plus périarticulaire qu’intra-synoviale. »
C’est aux agents physiques qu’il faut tout d’abord s’adresser et les résultats sont aussi bons sinon meilleurs qu'après arthrotomie. Il est d’ailleurs bien rare qu'après celle-ci, le chirurgien n’ait pas recours au physiothérapeute pour compléter les bons effets de son intervention. Comme le dit encore Mondor, « il faut avoir deux objectifs : la fin de la maladie aiguë, c’est-à-dire la guérison clinique, mais avec autant d’exigence, le retour des mouvements, c’est-à-dire la guérison fonctionnelle » et, dans la recherche de cette dernière, la physiothérapie est incontestablement souveraine.
Nous avons passé en revue dans cette thèse les nombreux agents physiques qui ont été utilisés dans
le traitement de la blennorragie articulaire. Tous sont loin d’avoir la même valeur.
La plupart (galvanisation, diélectrolyse, d’Arsonvalisation, photothérapie, thermothérapie, kinésithérapie, hydro et crénothérapie) sont souvent fort utiles; certains auteurs, se basant sur quelques beaux succès, ont pu même autrefois s’en faire les propagandistes un peu trop enthousiastes et exclusifs. Ils n’ont plus actuellement qu’un rôle de complément.
La radio et la curicthérapie externe, au moyen d'appareils contenant des sels de radium, occupent la première place : c’est à eux qu’on a d’abord recours maintenant dans la plupart des cas aigus ou chroniques : ils en constituent la thérapeutique de fond, la plus sûre et la plus constante dans ses résultats. Il ne paraît du reste y avoir qu’une question de facilité d'application pour orienter le choix vers l’une ou l’autre de ces méthodes. Les rayons X jouissent néanmoins d’une grande vogue qui tend à faire un peu oublier les succès — pourtant très comparables — obtenus jadis avec le radium.
Ces directives générales sont applicables à tous les cas. Il n'existe pas cependant de traitement omnibus de l’arthrite blennorragique et la conduite à tenir varie un peu avec les formes cliniques. Nous allons donc l’envisager succinctement dans chaque cas particulier. 1e
Dans la forme arthralgique simple du début, on peut essayer la d’Arsonvalisation à ondes courtes et à doses modérées. Si les douleurs s’avèrent rebelles
à cette thérapeutique, la radiothérapie s'impose. On peut d’ailleurs associer la radiothérapie aux ondes courtes ou encore à la diélectrolyse salicylée ou à la thermothérapie. La mobilisation doit être mise en œuvre dès la disparition des douleurs.
Dans l’hydarthrose aiguë, on a souvent intérêt à immobiliser temporairement l’articulation malade dans une gouttière ouatée facilement amovible, permettant donc les irradiations X ou gamma, qui constituent le traitement de choix. À ce traitement on peut adjoindre la d’Arsonvalisation transarticulaire et, un peu plus tard, la faradisation ou la galvano-faradisation des muscles péri-articulaires et la mobilisation prudente.
Dans les formes aiguës mono ou polyarticulaires, il faut souvent aussi immobiliser dans une gouttière ouatée ou encore pratiquer l’extension continue pendant les premiers jours. On amène ainsi le membre en bonne position et on calme les douleurs. Mais il ne faut pas prolonger trop longtemps l’immobilisation, solution paresseuse, qui peut conduire à des résultats déplorables, en favorisant l’ankylose. Le traitement par les radiations doit être entrepris d’une façon précoce, sitôt le diagnostic posé. Les faibles doses, en usage général dans les infections inflammatoires, doivent seules être utilisées. On peut y adjoindre au début les bains de lumière ou d’infra-rouge et un peu plus tard la d’Arsonvalisation ou encore la diélectrolyse salicylée ou iodée. À défaut de radio ou de radiumthérapie. on peut utiliser la méthode de Delherm, de