‹ La Physiothérapie des Arthrites GonococciquesChapitre 9 sur 45 · ENT · texte numérisé non relu

ENT

3) Les capsules et les ligaments sont infiltrés, ramollis, détruits, ce qui explique la possibilité des luxations pathologiques (genou, hanche).

4) Les tissus péri-articulaires sont infiltrés d’une ædème trouble qui gagne les muscles, les tendons, les bourses séreuses et même la peau qui rougit.

9) Les lésions osteopériostiques ont été signalées par Fournier d’abord, puis par Hirtz : simple périostose, puis périostite hypertrophiante, souvent d’abord transparente aux rayons, mais capable de constituer un manchon engainant la diaphyse, et simulant une syphilis osseuse ou même un ostéosarcome. À côté de ces lésions on à pu aussi trouver des ostéopériostites suppurées, des ostémyélites aiguës épiphysaires avec ou sans arthrite.

Quelle est la localisation initiale du gonocoque sur l’articulation ? Il semble admis actuellement que si la localisation osseuse initiale est possible, l'atteinte synoviale primitive est la plus fréquente.

Faisant la syntèse de toutes ces observations anatomo-pathologiques, Mondor propose la classification anatomo-clinique suivante :

1° Synovites légères, sèches, habituellement fugaces (arthralgies) ;

2° Synovites à épanchement séreux, séro-fibrineux, purulent (arthrite à épanchement) ;

3° Synovites phlegmoneuses, avec où sans périarthrite, le plus souvent avec périarthrite ;

4° Chrondro-synovites (arthrites prolongées) ;

No —

° Oséo-arthrites : phlegmoneuses le plus souvent (panarthrite grave).

SYMPTOMATOLOGIE

Les arthrites blennorragiques se présentent sous des aspects cliniques très variés.

Nous décrirons classiquement :

— Ja forme arthralgique, — la forme polyarticulaire subaigué, -— la forme pseudo-phlegmonense, — la forme hydarthrosique, .— la forme suppurée.

À) Forme arthralgique

Elle est caractérisée par des douleurs articulaires, habituellement multiples, survenant surtout à l’occasion des mouvements, et allant avec un aspect strictement normal des articulations douloureuses.

Cette forme n’est souvent que le prélude d’une des autres formes cliniques.

: B) Forme polyarticulaire subaiguë pseudo-rhumatismale

Cette forme est la plus fréquente (90 % des cas). Après une courte phase d’invasion marquée par des signes généraux modérés (température à 38°-39°) les articulations se prennent ordinairement au nom-

bre de frois où quatre : l’arthrite est à la fois poly et pauci-articulaire. L’affection est moins mobile que le “humatisme articulaire aigu, ne se déplaçant, ni aussi vite, ni aussi complètement.

Les articulations atteintes sont légèrement tuméliées ; la peau est rosée, un peu chaude ; souvent il existe un épanchement modéré. La douleur est moyenne, s’accusant à l'occasion des mouvements ou de la pressien, s’atténuant d’ailleurs rapidement par le repos.

L'état général est plus ou moins touché : 38°-39o, courbature, malaise.

Puis en quelques jours la fièvre tombe, et les phénomènes locaux disparaissent soit en totalité, soit au niveau de toutes les articulations, sauf une ou deux, qui demeurent douloureuses à l’occasion des mouvements; l'aspect redevient cependant normal, mais les muscles commencent à s’atrophier.

A la longue, la guérison complète survient mais, bien souvent persistent des douleurs ; l’évolution se fait même vers la chronicité et l’ankylose.

C) Forme pseudo-phlegmoneuse, mono-articulaire

Cette forme a été particulièrement bien décrite par Duplay et Brun.

Elle est moins fréquente, mais beaucoup plus sévère que les autres formes cliniques.

Son début est dramatique. Brusquement après quelques douleurs articulaires fugaces dans les jours

qui précédent, le malade ressent une douleur atroce, siégeant le plus souvent au genou. En même temps les signes généraux sont particulièrement accusés : 39°- 40°, frissons, abattement. Localement la tuméfaction est considérable, les téguments sont tendus, lisses, rouges. La ponction exploratrice ne ramène qu’une toute petite quantité de liquide louche, parfois sanglant.

Rapidement, les signes généraux s’amendent. Mais les signes locaux, en particulier la douleur, persistent beaucoup plus longtemps. L’atrophie s’installe et l’évolution se fait le plus souvent vers l’ankylose. La guérison complète est exceptionnelle.

D) Forme hydarthrosique

Trés fréquente, elle frappe surtout le genou.

Après yne courte phase infectieuse initiale l’épanchement apparait, souvent assez considérable, sans réaction inflammatoire locale importante. La douleur est très modérée, quand elle existe. La ponction ramène un liquide trouble et séro-purulent dans 85 % des cas (Bogdanow.)

L'évolution est en général traînante. L’atrophie musculaire est rapide.

Enfin la guérison plus ou moins complète survient à la longue, ou bien l’évolution se fait vers la chronicité et l’ankylose plastique.

E) Forme suppurée.

A côté des arthrites à épanchement séro-puru-

Page 1