‹ La physique en actionChapitre 10 sur 93 · CHAPITRE XXU. 6t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXU. 6t

Cette seconde cause a aussi assez peu d'influence pour pouvoir être souvent négligée; mais il en est autrement de la troisième. Pour apprécier et corriger gjBtte influence, supposons qu'elle existe seule , et que toutes les pièces de fer du vaisseau deviennent, sous l'action ^q globe, qui varie avec leur position continuellement variable , autant d'aimants à pôles changeants, La ,déclinaison de l'aiguille en sera continuellement altérée , et dans le même lieu , et dans les ditférentes contrées que traversera le vaisseau, et où le couple terrestre lui-même changera sans cesse de direction et d'intensité. Les corrections devront être faites dans chaque lieu déterminé par voie d'expérience. Or, voici le moyen ingénieux proposé par M. Barlow :

Le bâtiment étant d'abord supposé dans une compensarade tranquille où l'on peut virer de bord, on ^"Lw! choisit sur le rivage^ à quelque distance, un lieu d'où l'on puisse l'apercevoir dans toutes les positions, tandis qu'il tourne sur lui-même. Là, s'établit un observateur avec une boussole et un cercle à mesurer les angles. Sur le vaisseau , près de la boussole fixée dans son habitacle , se tient un observateur muni d'un cercle pareil. A un signal donné, les deux observateurs visent l'un à l'autre, et chacun d'eux détermine l'angle que fait son aiguille avec sa lunette. Puisque les deux observateurs se regardent, les axes des deux lunettes ne font qu'une seule et même ligne, que nous appellerons la ligne de repère.

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'La boussole qui est sur le rivage, se trouvant soustraite à l'action des fers du navire, n'éprouve pas de perturbation; et si celle du vaisseau n'en éprouvait point, les deux aiguilles devraient être parallèles , et faire avec la ligne de repère tout juste le même angle; la distance des deux aiguilles étant trop faible pour . déterminer une différence de déclinaison. La différence des deux an<^les est la mesure de la force perturbatrice des fers dans la position actuelle du vaisseau. Concevons que , par des manœuvres toujours faciles par un temps calme, on fasse faire au vaisseau une révolution complète, et que de lo^ en lo"* on observe l'aiguille; ses indications diverses donneront pour chacune de ces positions la valeur des déviations locales dues aux fers. Des interpolations faciles donneront ces valeurs pour chaque rotation d'un degré.

Après cette première série d'opérations, l'observateur du rivage enlève sa boussole, et lui substitue celle du vaisseau , en la plaçant de la même manière sur une cage en bois, susceptible de faire avec elle une révolution complète autour du pivot de l'aiguille (fig. i). Sur l'un des côtés de cette cage, on voit des trous qui sont destinés à recevoir le compensateur magnétique, FF'. C'est un double disque de fer, dont les parties sont séparées par une feuille de carton, et suscep-

(Fig. I.)

(Fig. a.)

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tibles d'être plus ou moins pressées l'une contre l'autre par des vis; il est assujetti à une tige en cuivre rouge r, qui s'enfonce dans l'un ou l'autre de ces trous. En faisant tourner la cage, on fait tourner avec elle le compensateur, . et l'aiguille en est diversement ^affectée dans les différents azimuts; par des tâtonnements, on arrive à lui faire éprouver la série des déviations qu'elle éprouvait par la rotation du vaisseau. Cela fait, on marque avec beaucoup de soin la position du centre de la plaque par rapport à l'aiguille de la boussole; on rapporte celle-ci sur le vaisseau, et l'on ajuste le compensateur sur le pied qui la porte (fig. 2), de manière qu'il ait à son égard exactement la même position.

Dans cet état de choses , puisque le compensateur produit sur l'aiguille, quand la boussole tourne , les mêmes déviations que les fers du vaisseau quand on fait virer celui-ci dans les divers azimuts, l'effet du compensateur est de doubler l'écart que produirait le vaisseau seul. Or, c'est cette duplication même qui en donne la mesure. Car si l'aiguille marque un certain degré 36 quand on enlève dabord le compensateur, et qu'on le transporte assez loin , et qu'ensuite le compensateur étant remis en place elle en marque 43, il est clair que l'effet du compensateur

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est de 7". Mais cet effet est égal à celui des fers du vaisseau^ et il est de même signe; donc celui-ci est de 70 sur 36'; donc, sans lui, l'aiguille ne marquerait que 29*. Telle est donc son indication, corrigée de Terreur dont il s'agit. Nous devons ajouter, toutefois, que cet ingénieux procédé n'est pas sans difficulté dans la pratique. BoutMie 317. La boussole d'arpenteur est une botte ' de bois carrée, circonscriTant un cercle intérieur en cuivre divisé en 36o® , et dont la ligne zéro est parallèle à l'un des flancs de la boite. Un pivot central porte une aiguille aimantée. La botte est susceptible de tourner tout d'une pièce sur un pivot que supporte un pied pareil à celui des graphomètres; et si on la fait tourner de manière que l'aiguille immobile pointe au degré dé la déclinaison au lieu où l'on observe, la ligne zéro, et par suite l'un des côtés de la boite, seront dans le plan du méridien astronomique. Le long de ce côté se meut une lunette dont l'axe lui est parallèle, ou une visière à pinnules dont Taxe est également parallèle au côté de la boîte; ces deux axes sont mobiles dans un plan vertical , ce qui permet de viser à diverses hauteurs. Cette lunette ou l'alidade se trouvant dans l'alignement de la méridienne 9 on fera jalonner dans cette direction.

La boussole servira donc à orienter, soit un lieu ' déterminé , soit une carte topographiquè , dont on relèvera un point sur le terrain. Mais cet instrument est employé aussi à la mesure des

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aoglM dans la composition des topographies de médiocre étendue. Pour cela ^ on amène d'abord la Yisière de la boussole sur l'un des côtés dé Tangie à mesurer, et l'on observe la graduatioti à laquelle pqin te l'aiguille j soit ce degré 68^ j. On £EÛt tourner Ig boite de maqière à amener la visière sur le second côté, et l'on observe le numéro auquel pointe l'aiguille dans ce second cas. Soit œ numéro 107". L'aiguille restant immobile tandis que la boite tourne, il est clair que celle* ci a tourné de la différence 1 07* — 68' |, ou 38*» i , dans le passage de la visière de l'un dés côtés de l'angle à l'autre; cet angle a donc une valeur de 38^ |. On ne mesure par ce moyen que des angles de petits triangles, ou ceux que forment les sinuosités des routes et des rivières, attendu qu'on ne peut mesurer à plus d'un demi ou d'un tiers de degré.

La ')>oussole sert à s'orienter dans les carrières^ et (lans les mines' non ferrugineuses. Une boussole porfative peut servir de guide dans les forêts et les déserts. La boite carrée , débarrassée de son pied et de tout ce qui s'y rapporte, peut étrâ placée sur des tables et contre des murs , et servir, soit à orienter des constructions, soit à trouver Tazimut d'un mur, sur lequel on veut tracer un cadran solaire. Mais, dans ces divers cas, il est tfès-impôrtant de l'appliquer hors de l'influence, et, par conséquent, loin de toute masse de fer.

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