‹ La physique en actionChapitre 23 sur 93 · Occupons-nous maintenant delà longueur des éclairs · texte numérisé non relu

Occupons-nous maintenant delà longueur des éclairs

Longueur Celtc lougueur se déduit de la durée du routes éclaira. " , ,

lement que tait entendre le tonnerre qui suit un éclair donné, ou plutôt on obtient, par ce moyen, une valeur tninimum de la longueur de l'éclair. Soit, en effet, m n cette longueur, et o la position de l'observateur ; soit encore D/2, la différence de ces deux distances aux extrémités de l'éclair; c'est à cette différence que correspondra le roulement, à raison de 34o mètres par seconde. Par la durée du roulement, on connaîtra donc /iD. Mais, dans tout triangle, un côté est moindre que la somme des deux autres, et plus grand que leur différence; la longueur de l'éclair sera donc plus grande que

CBiPlTBB XXIT. ISl

nli; donc, on connaîtra sa valeur minimiwi. Que ]a durée du roulement ait été, par exemple , de 1 7 secondes. Le produit de ce nombre par 34o mètres étant 5780 mètres, on est assuré que Téclair n'a pas moins que cette longueur; mais il pourrait en avoir une beaucoup plus considérable. Dans l'exemple cité ci-dessus, d'un roulement de 7a secondes, l'éclair avait une longueur de plus de 6 lieues !

La longueur des éclairs s'explique aisément par l'état floconneux des nuages, qu'on ne saurait considérer comme des conducteurs continus.

Les molécules de vapeur vésiculaire qui les composent sont autant de petits conducteurs isolés entre lesquels l'éclair se propage; et cet éclair peut être comparé au phénomène des serpenteaux électriques composés de petits losanges, entre lesquels passe une file d'étincelles (n** 337). La rapidité de la communication a pour effet de donner à cette file l'apparence d'un trait continu.

e359. Relativement aux rapports des orages Pardcuiiavec les lieux, les saisons, les époques histori-" ques , voici ce qui parait résulter des observations.

il y a des lieux où il ne tonne jamais, et ce sont à peu près les extrêmes des arcs de latitude. Au delà du 76% ou même du 70*" parallèle, il paraît avéré qu'il ne tonne jamais. D'un autre côté, Lima et tout le bas Pérou ne connaissent pas les orages. Mais ce dernier fait est véritable-

132 PHYSIQUE fiN ACTION.

ment exceptionnel et inexpliqué; car c'est aux régions équatoriales, considérées dans leur ensemble, qu'il tonne le plus. Tandis qu'à Paris, on compte, en moyenne, 12 à i3 jours d'orbe par année, on en trouve 53 à Rio-Jatieiro, et 60 à Calcutta^: il y a lieu de croire que des circonstances physiques locales influent sur la fréquence du phénomène.

En ce qui concerne la mer, comparée soUs ce **àpport aux continents, il paraît certain que les ofages y sont beaucoup moins fréquents que sur terre, et qU^ils devienneht d'&utaht plus rares t|il'on s*éearte davantage des côtes.

Tout le monde sait que les orages sont beaucoup plus Fréquents en été qu'en hiver.

Enfin , si l'on compare entre elles les époques historiques, il Semble résulter du témoignage des auteurs anciens que les fulrtiinations étaient autrefois plus communes et plus meurtrières qu'elles ne le sont aujourd'hui. Car, à notre époque, on ne signale jamais les pertes que le tonnerre occasionne à une armée; on ne cite pas non plus de p6^sonnage d'une certaine importance qui ait été tué par la foudre. Au contraire, nous trouvons dans les auteurs beaucoup de noms illustres auxquels ce getire de mort se rattache; et Ton cite souvent les nombreux soldats que la foudre a frappés. Ceci fournirait peut-être des inductions assez larges sur les révolutions météoriques qUe la terre a pu subir.

Page 1