CHAPITRE XXV
la foudre coupa l'un des piliers de la lanterne. Enfin, en i843, pendant l'orage du lo juillet, la tour a été frappée trois fois dans un intervalle de 20 minutes; mais la protection de son paratonnerre l'a préservée de tout accident.
En fait de navires frappés, l'Annuaire cite ^5 cas connus.
Les poudrières méritent un article à part.
Parmi les cas signalés, nous citerons les suivants :
En 1769, la foudre tomba sur la tour de Saînt- Nazaii*e, à Brescia; cette tour reposait sur un magasin à poudre qui contenait deux millions de -livres de poudre. Cette masse immense de poudre prit feu tout entière. Une grande partie de la ville fut renversée, et 3ooo personnes y périrent. Le dégât matériel s'éleva à 2 millions de ducats. Le même jour, la poudrière de la ville de Malaga fut aussi frappée par la foudre.
En 1785, incendie par le tonnerre de la poudrière de Tanger; une partie de la ville fut renyersée avec le magasin.
En 1807', la poudrière de Luxembourg, contenant i3ooo kilogrammes de poudre, fit explosion par une cause semblable. Deux cent cinquante personnes furent tuées ou blessées; et la basse-ville n'offrit plus qu'un monceau de ruines. "^
361. En présence de tous ces faits, on corn- préservatifs prend l'importance des recherches qui ont pour objet les moyens de garantir les édifices des
8Up|K>8e8.
certaines matières.
125 PHYSIQUE EK iCTION.
atteintes de la foudre. Occupons-nous de ces moyens, en comoiençant par ceux auxquels on a attribué une eflGcacité imaginaire, inflaencede Lcs aucieiis supposaicut quc certains arbres, et ie laurier entre autres, préservaient de la foudre; et ce préjugé parait avoir survécu à l'antiquité dans l'esprit de plusieurs personnes. Mais on cite bien des cas authentiques de fulminations sur ces diverses sortes d'arbres.
Les anciens considéraient les peaux de veau marin comme des préservatifs efficaces; et aujourd'hui, bien des personnes pensent qu'on serait à l'abri de la foudre'sous des vêtements de soie. Cette dernière supposition , quoique plus scientifique en apparence, n'est pas plus fondée que l'autre; car, en supposant même que la soie exerçât une action répulsive, toutes les parties du corps présentent à la foudre des conducteurs dont le voisinage de la soie, même supposée sèche, ne neutraliserait pas^ l'action.
On cite toutefois l'épisode remarquable de la catastrophe de Châteauneuf. Le célébrant, dont la chasuble était de soie, ne fut pas touché, tandis que son assistant fut jeté à la renverse, et que la foudre enleva tout le galon d'or de son étole. Mais cela prouve seulement que la foudre, qui aurait frappé le célébrant s'il eût été seul à l'autel, fut déviée par le conducteur parfait que lui offrait l'étole du prêtre assistant. C'est ainsi qu'on cite un coup de foudre qui, dans une prison , alla frapper, au milieu de vingt détenus, un
CQàPlTRE XXY« 197
bômnae seul ; mais ce prisonnier se trouvait enchaîné par la ceinture. En conclura-t-on que les autres n'étaient pas par eux-mêmes dans le cas d'être frappés?
Serait-on à l'abri de la foudre dans une cage de du Terre, verre, comme beaucoup de gens le prétendent? Nous répondrons, non. On sait qu'un des jeux de la foudre consiste à briser les vitres, et souvent même à les percer d'un simple trou, sans autrement les causer. Ne sait-on pas d'ailleurs que les lames de verre des bouteilles de L^yde et des batteries les plus épaisses, sont percées par les fluides^ quand ceux-ci ont une trop grande tendon?
Est-ce un moyen de dissiper un orage que Du feu. d'allumer de grands feux en plein air? Sur cette question la science çst muette, et l'aHirmative parait peu vraisemblable. Toutefois, l'Annuaire cite à l'appui une expérience de trois année$ faite auprès de Césène, où les habitants d'une commune, d'après le conseil de leur curé, placetit, de 5o en 5o pieds, des tas de paille ou de menu bois. Quand un orage se déclare, on met le feu aux tas, et il parait que pendant trois ans déjà cette commune, auparavant très-exposée aux coups de tonnerre, se trouvait exempte des atteintes du météore. Nous ignorons si l'expérience a été con» tinuée avec un bonheur constant. Dans toUs les cas, le procédé serait difficilement applicable partout, et il serait impraticable dans les grandes villes.
138 PBTSIQtlE EN ACTION.
Dot déchar- Les coups de canoi) en grand nombre n'ont-ils ^\^T' pas pour effet de dissiper les orages? On cite quelques faits en faveur de raffirmative , mais on en signale d'autres en sens contraire, qui paraissent beaucoup plus tranchés et plus concluants; j'en citerai seulement deux.
En 171 1 , Rio-Janeiro fut assiégée par la flotte de Duguay-Trouin , qui se composait de 6 vaisseaux de ligne, 4 frégates, et plusieurs bâtiments inférieurs ; la place se défendait par l'artillerie de 7 vaisseaux et d'un grand nombre de forts. Le bombardement, l'explosion de plusieurs mines et celle de plusieurs vaisseaux qui sautent, la canonnade de plusieurs centaines de grosses bouches à feu, pendant deux ou trois jours sans interruption, n'empêchèrent pas un orage d'éclater ♦''^pendant ce temps-là : « des éclats redoublés de .tonnerre et des éclairs se succédèrent longtemps sans laisser presque aucun intervalle. »
En 1793, le vaisseau de ligne anglais, A? Duke, échangeait, contre une batterie delà Martinique, le feu continuel de ses 90 canons, quand il fut lui-même frappé de la foudre!
Assurément, si de tels faits ne démontrent pas la complète inefficacité des détonations de l'artillerie contre les orages, ils prouvent du moins que la confiance qu'on aurait en ce moyen serait aussi peu fondée que possible.
Du son Une question qui a plus d'importance que cellelà, est celle de l'influence du son des cloches sur les oi*ages.
dei clocbes.