CHAPITRE XXXTil
cherches d'anatomie organique dans les deux Expériences
\ r\ 1 PII • • microaco-
i^gnes. On analyse une roule de petits insectes piques. qui en général gagnent à être \us de cette manière; les ailes du papillon et de la mouche commune, et les yeux de tous les insectes, présentent un spectacle curieux. Les puces, les pous, les fourmis, les pucerons, les mites, les aiguillons des abeilles et des guêpes, les poils de tous les animaux, sont intéressants à observer. Dans le vinaigre, dans la farine aigrie, on distingue de petites anguilles qui ne sont peut-élre pas étrangères à la saveur de ces corps. L'eau dans laquelle on a fait infuser pendant quelques jours des grains de poivre, présente à l'observateur des animaux de toutes tailles et de toutes formes, invisibles à Tœil nu, et tels qu'il en pourrait tenir plusieurs centaines sur la pointe d'une aiguille. On les voit souvent changer d'aspect et de forme, courir les uns après les autres, employer pour se donner la chasse toutes sortes d'industries singulières; les uns dévorent fes autres, ou les avalent tout vivants et les digèrent quelquefois; parfois aussi le mangé sort sain et sauf en perçant le mangeur. D'ailleurs l'organisation de ces animalcules est souvent très-compliquée; on a découvert dans quelques-uns d'entre eux jusqu'à cent estomacs, dit-on. On a pu étudier, grâce au microscope, la physiologie d'un infusoire qu'on rencontre généralement dans le sable des toits. Le roUjerCf ainsi nommé à cause d'un appareil en roue qu'il agite avec rapidité, se dessèche par l'évaporation, se
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raccoroit, et entre dans un état de mort où il se conserve pendant des mois et des années, commç un morceau de gélatine. Versez une goutte d'eau sur lanimalcule, il revient sur*le^cbamp à la vie. Le tardigrade^ autre infusoire, subit de semblables métamorphoses.
La poussière qui recouvre la fromage ou les fruits, examinée au microscopei offre une république d'animalcules voraces, qui se mangent volontiers les uns les autres. Le tartre des dents est un semblable péle*méle d'animaux ; l'éraeri, et certaines autres substances minérales, sont entiè* rement composés de carapaces d'infusoires. Les taches des pierres et les moisissures montrent au microscope de véritables forêts.
Les écailles de poisson et la peau humaioe présentent des particularités curieuses. Les poils des animaux et les cheveux sont reconnus pour des tubes, et il n'est pas impossible d'en suivre l'accroissement.
On reconnaît au microscope quâ la matière colorante du sang se compose de globules d'un sSo^ de millimètre d'épaisseur. On en suit la circulation dans une patte de grenouille. Il en est de même des globules du chara, dont le mouvement est rendu très-sensible.
On observe parfaitement bien le mécanisme de la vie des plantes; on distingue les trachées spi* raies et les vaisseaux lymphatiques; on remarque particulièrement les vaisseaux propres, avec les sucs qui en découlent. $ur les feuilles oo dis*
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tiugue toutes sortes de rubans^ de perles, de plumes, de grappes. Celles de Tignoble mercuriale ne sont pas les moins jolies.
On a tranché, par le témoignage du microscope, une foule de questions dWganisatiou. On a reconnu les canaux des nerfs; on s'est rendu compte de la constitution des grains d amidon; on a suivi pas à pas la cristallisation des sels. Les trois règnes, en un mot, fournissent d'innombrables tributs à ce merveilleux instrument, indispensable à tous ceux qui cultivent les sciences, et propre à donner à tout le monde des amusements variés, instructifs et raisonnables.
497. C'est encore avec deux lentilles convexes qu'on construit la lunette astronomique y destinée à sonder les profondeurs de l'espace. Un objectif et un oculaire sont enchâssés aux deux bouts d'un tuyau noirci; l'objectif reçoit les myons presque parallèles des astres, et il se forme derrière hii, dans le tuyau, une image réelle de l'astre
en ab. Les faisceaux, qui, après avoir formé cette image, continuent leur roule, sont saisis et ra-
Lunette astronomique.
ment.
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menés par Foculaire dans une direction qui les porte à l'œil, et les génératrices sont presque parallèles. 11 se forme donc, par le concours de ces générations en A, B, une image de l'objet. L'image réelle ab est presque au foyer de l'objectif; et elle doit se trouver un peu en deçà du foyer de l'oculaire, pour donner une image virtuelle AB. Il résulte de là que la distance des deux lentilles, ou la longueur obligée de la lunette, est sensiblement égale à la somme des distances focales. D'ail* leurs l'image est renversée, ce qui est tout à fait indifférent quand il s'agit des astres.
Grossisse. 498. Lc grossisscmcnt dans une pareille lunette s'évalue par la grandeur de l'angle sous lequel est vue l'image, comparé à celui sous lequel ou verrait l'objet à l'œil nu. Or, celui-ci a pour moitié le demi-angle en C, ou son opposé par le sommet l^jo; tandis que l'autre, en supposant l'œil placé au centre de l'oculaire, serait bdo. Or, ces angles étant en général petits, ont pour mesure leurs
tangentes 5^' od' ^® rapport est : ^; or, ces deux termes sont précisément les distances focales. Ainsi le grossissement est égal au nombre de fois que la distance focale de l'objectif contient la distance focale de l'oculaire. Il y a donc avantage à avoir un oculaire d'un long foyer; telle est la cause obligée de la longueur des lunettes astronomiques. Il est utile aussi d'avoir un oculaire d'un court foyer; mais, sur ce point, les limites sont assez restreintes.
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II y a d'autres moyens expérimentaux pour mesurer le grossissement d'une lunette: le meilJeOr est fondé sur l'emploi des cristaux biréfringents ; nous en parlerons plus loin.
Le champ d'une lunette astronomique se mesure en degrés. On a en général cette mesure par le temps qu'une étoile met à traverser l'objectif, à raison, comme on sait, de une minute angulaire par 4 secondes de temps. On reconnaît d'ailleurs que le champ diminue, avec le même diaphragme, à mesure que la distance focale de l'objectif augmente , puisque l'image , allant se former plus loin, est en partie interceptée par le diaphragme. Ainsi le champ est d'autant moindre que la lunette grossit davantage.
499. La clarté des objets vus dans la lunette clartéastronomique ne saurait jamais être plus grande que celle des objets vus à l'œil nu, et elle est généralement moindre. Quand il s'agit des astres qui envoient beaucoup de lumière, on peut perdre sur la clarté de chaque point, et en avoir assez pour voir nettement l'image agrandie. Si un objectif a cent fois le diamètre de la pupille, il recevra loo fois loo, ou 10,000 fois autant de lumière; et si le grossissement de la lunette est 100, la surface de l'image sur la rétine serait aussi 100 fois cent ou 10,000 fois plus considérable; de sorte que chaque point serait 10,000 fois moins éclairé, ce qui ferait tout juste compensation. Mais les lunettes qui grossissent seulement comme joo, n'ont pas un objectif, à beaucoup près, loo II. 23
a54 PHTSiaVI ER ACTION.
fois aussi lai^ que la pupille. Donc la clarté est moiodre que dan$ l'hypothèse que nous avons faite; donc elle sera moindre qu'à l'œil nu.
Il serait fort important de pouvoir obtenir des objectifs de grand diamètre , car^ toutes' choses égaler d'aîUeurs, on y gagnerait en clarté; l'on pourrait distinguer avec le même grossissement beaucoup plus de choses dans les planètes; ou bien l'on pourrait grossir davantage avec la même dose de clarté qu'auparavant. Le perfectionne* ment de l'astronomie est lié à la production d'objectifs de grande taille. Jusqu'à ces derniers temps, on ne pouvait guère dépasser 27 centimètres; maintenant d'habiles fabricants et artistes produisent des lentilles de 55 centimètres, dont la surface est par conséquent quadruple, et donne quatre fois plus de darté que les meilleures lunettes actuelles. Il n'est pas douteux que ces ma* gnifiques morceaux ne conduisent à de fort inté* ressantes découvertes/
500. On sait que, dans les plus fortes lunettes, les étoiles paraissent comme de simples points; le grossissement est tout à fait nul. Cela tient à ce que le diamètre apparent est tellement petit, que, muLtiplié par 1000, si la lunette grossit 1000 fois, il est encore au-dessous des valeurs appréciables par notre œil, ou mesurables par nos instruments. Mais si les lunettes ne les grossissent pas, elles les rendent bien plus claires et bien plus nettes, permettent de les distinguer en plein jour, et font voir de très-petites étoiles invisibles à l'œil
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nu. Tout ceci n'est nullement en contradiction avec ce qui précède, et résulte de ce que l'image de rétoile n'est qu'un point, comme lorsqu'on la considère à l'œil. Si la surface de l'objeclif contient 36oo fois celle de la prunelle, la lunette donnera 36oo fois plus de lumière que l'œil, et l'image sera 36oo fois plus claire, sans qu'il y ait lieu d'appliquer le principe de l'afTaiblissement par diffusion, puisque l'image se réduit à un point.
501. Les lunettes de nuit^ dont on se sert en mer, ne donnent pas de la clarté aux objets, comme bi^n l'on pense. Mais ces lunettes, ayant une très-grande ouverture, rassemblent un bien plus grand nombre de rayons que la prunelle ; de telle sorte qu'on peut obtenir une clarté égale, avec les avantages du grossissement.
502. Les dimensions des verres et les distances focales d'une lunette ne donnent qu'une idée approchée de sa puissance, parce que le degré de purejté des verres, Le travail plus ou moins parfait de leur courbure, leurs modes d'ajustement, ont une telle influence, qu'on ne peut bien juger de la force de l'instrument que par des essais par* ticuliers. Celles d'un grossissement supposé de 5o fois, par exemple, devront faire voir les satellites de Jupiter, et Vénus en croissant; telles autres, d'un grossissemyent déterminé, dédoubleront telles étoiles. Dans tous les cas, un objectif est excellent lorsqu'il fait voir les étoiles comme des points parfaitement ronds, et le disque des pla^ nètes san$ franges colorées sur les bords.
356 PflTSIQUB BN ACTION.
Réticule. 503. Dans Tinlérieur des lunettes astronomie ques, et au lieu où se forme l'image réelle, sont tendus des fils très-fîns en platine, qui ont à peine un millième de millimètre d'épaisseur: l'un d'eux est horizontal; il est coupé par trois ou cinq fils verticaux équidistants, dont celui du milieu détermine l'axe de la lunette; le moment où une étoile est éclipsée derrière ce fil est considéré comme le moment précis du passage; les autres servent à divers usages , qui ont également pour objet la précision des mesures.
Usage». 504. Les lunettes astronomiques servent à amplifier les dimensions des planètes, de la lune et du soleil lui-même; ce qui permet d'y reconnaître une foule de particularités et de détails que Ton ne saurait y distinguera l'œil nu. Elles font voir certaines planètes invisibles à l'œil, telles que les satellites; des étoiles de dimensions apparentes variables, fort au-dessous du degré qui échappe à la vue; les étoiles doubles, les nébuleuses, etc. Mats une application moins généralement connue et qui est fort précieuse aux astronomes, c'est le rôle qu'elles jouent dans les instruments destines à mesurer les angles : comme elles ont pour effet d'agrandir les angles visuels, elles rendent trèssensibles de fort petites divisions angulaires, et permettent de mesurer les secondes.
505. La lunette terrestre ou longue^vue est une lunette à quatre verres, dont deux ont pour objet de rendre l'image droite. On peut la considérer comme l'ensemble de deux lunettes astronomiques
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mises bout à boni : la première, qui regarde direc- ^^ tement l'objet, donnerait une image virtuelle et tenre
renversée à un œil placé en dV\ mais, au lieu de tomber sur la rétine, cette image sert d'objet à la seconde lunette; et il est évident que, déjà grossie par la première, elle l'est plus encore par la seconde ; de sorte que le produit des deux grossissements donne le grossissement total. Le tuyau de cette lunette se compose de plusieurs pièces emboîtées, que chaque observateur dispose pour sa vue. Ces instruments ne permettent pas de grossissements qui approchent de ceux des lunettes astronomiques; la cause eu est dans l'affaiblissement de la clarté qui en résulterait , surtout avec l'addition des lentilles intermédiaires.
506. La lunette de Galilée^ ou lorgnette de Lorgnette. spectacle, se compose de deux verres, savoir, d'un objectif convexe et d'un oculaire éoncave. Le premier tend à former dans l'intérieur du tuyau une image réelle et renversée; mais, avant qu'elle se forme réellement, les rayons sont saisis par un oculaire concave qui fait diverger les rayons,
358 PHTSignm mi acth».
comme le montre la figure; il en résulte une image virtuelle, droite, et généralement agrandie. L'expérience prouve que la distance de l'oculaire à l'image réelle as, qu'il empêche de se former,
est sensiblement égale à sa distance focale ; d'où il résulte que la longueur de la lunette est égale, non plus à la somme des distances focales des deux verres, comme dans la lunette astronomique proprement dite, mais seulement à leur différence ; ce qui rend cette lunette assez courte, et propre aux usages auxquels on l'emploie sous le nom de lorgnette. D'ailleurs, elle donne immédiatement l'image droite que cet emploi exige essentiellement.
Le grossissement est à peu près égal au rapport des distances focales , comme dans la lunette astronomique, ce qu'on prouve d'une manière analogue ; car le demi-angle sous lequel on verrait directement l'objet est /LA., ou son opposé a'LV. Celui sous lequel on voit l'image est xMh, ou a'M V ; en substituant, selon Tusage, les tangentes de ces petits angles aux angles eux-mêmes , on a
les rapports ^ et ~y , dont lé quotient est ^jp^.
Or^ le point M étant très-voisin de la lentille ^