‹ La physique en actionChapitre 70 sur 93 · CHAPITRE XXXYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXYII

bout à bout, ne paraîtra pas avoir plus de deux ou trois décimètres: d'ailleurs, quoique. touchant à la tour, il ne paraîtra pas éloigné comme elle.

Il est donc manifeste que les effets dont il s'agit ici sont des résultats de pure imagination. Dans un panorama, qui n'est qu'une galerie circulaire dont la surface est entièrement peinte , et dont le spectateur occupe le centre , il n'y a rien qui puisse impressionner physiquement l'œil, si ce n'est la peinture elle-même. Or, sous de bonnes conditions d'exécution, ce tableau devra illusionner complètement le spectateur. En effet, les impressions que nous recevons des objets réels placés devant nos yeux résultent des images colorées qui se forment sur la rétine ; elles varient avec la grandeur et le degré d'illumination de ces images. Or, il est évident que si les objets extérieurs étaient supprimés, mais que les rayons qu'ils envoient fussent maintenufs dans leurs directions actuelles , avec leurs divers degrés d'intensité et leurs nuances respectives, il se formerait sur la rétine la même image qu'auparavant; donc nous devrions éprouver la même sensation. Or, cela revient à dire que si, dans la confection d'un tableau, on observait complètement les règles de la perspective géométrique et de la perspective aérienne, la première ayant pour objet la direction des lignes lumineuses , et les figures que forment leurs intersections avec le plan du tableau ; la seconde ayant pour but la reproduction des ombres , des clairs et des teintes colorées que la

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nature nous offre, selon la qualité des objets, et selon leur distance au spectateur; dans ce cas, dis-je , nilusion du spectateur placé devant un tel tableau devrait être complète. Si elle ne Test pas dans les circonstances ordinaires, c'est que l'impression que doit produire l'image de la rétine est combattue par le sentiment que nous avons de la présence d'une simple toile ; par la vue du cadre , par les objets environnants , par la chambre dans laquelle tout cela est renfermé. Mais si l'on fait disparaître ces circonstances diverses, si le tableau perd son cadre, parce qu'od le voit à travers une lentille ou au travers d'une fenêtre , ou, enfin , parce qu'il couvre entièrement et sans bords un espace circulaire qui représente un horizon complet ; si la lumière qup le peintre y a déposée, et qui est celle qui couvre au lointain des objets vus , est séparée de la lumière hétérogène du lieu de l'observation, alors l'œil se retrouve dans des conditions à peu près identiques à celles que lui offrirait la présence réelle des objets ; et il doit en résulter une illusion qui n'est pas toujours immédiate, mais qui ne tarde pas à se produire, à mesure que l'attention s'attache aux divers objets que la peinture a mis sous les yeux. Ici l'habileté du peintre joue le principal rôle, et l'on sait à quel degré de perfection ces spectacles ont été poussés par les artistes de nos panoramas et de nos dioramas. Nous nous trouvons mêtne parfois, devant les toiles encadrées de nos musées, dans cet état d'illusion complète, quant

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au relief de certains objets; lès peîritures en gri« sàilles offrent surtout ce phénomène , quand elles sont bien exécutées; et il tious arrive même, à certaine distance d'un tableau noir sur lequel oél a tracé avec de la craie un cube en perspective, déf sentir très-vivement le relief de ce cube , malgré la grossièreté physique du trait.

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