‹ La physique en actionChapitre 71 sur 93 · En matière de sensation par Torgane def i^^om · texte numérisé non relu

En matière de sensation par Torgane def i^^om

*• .- opaques.

la vue, les phénomènes physiques sont souvent modifiés , parfois contrariés , quelquefois aidés p^t les jugements que nous portons sur les objets , d'après des idées extrinsèques ou des habitudes prises; c'est ce qui donne lieu à cette foule d'impressions imaginaires qu'on désigne sous le nom àiillasions optiques. Les aveugles-nés auxquels on rend la vue s'imaginent d'abord que les objets . touchent leurs yeux ; le témoignage de leurs mains et le mouvement de leurs pieds ne les désabusent qu'à la longue. Nous savons que les objets vus de loin doivent paraître plus petits , ce qui vient de ce qu'ils forment dans l'œil de plus petites images : cependant cela ne nous suffit pas pour juger de beaucoup de grandeurs, sans terme de comparaison. Une masse Végétale vue de loin , dans une campagne, nous parajt un ample buisson; qu'un homme à cheval vienne à passer auprès , nous la jugerons un grand arbre. La lune à l'horizon nous parait toujours plus grande, et quelquefois énorme. Cela vient , d'une part, de ce quenous voyons entre elle et nous une série d'objets terrestres qui nous donnent l'idée d'une asset

grande distance , ce qui n'a pas lieu quand la lune est au zénith; et, d'autre part, de ce qu'à l'horizon la clarté de la lune est moins vive, parce qu'elle traverse une couche d'air plus épaisse, et quelquefois une brume voisine du sol , qui contribue à éteindre sa lumière. Ces deux circonstances nous donnent l'idée d'un objet éloigné, et par conséquent de quelque chose de grand, puisque ce corps lointain est très-lumineux et trèsvisible ; donc nous devronis éprouver une impression de grandeur. C'est par les mêmes causes que le ciel, au lieu de nous paraître une voûte hémisphérique , nous semble une voûte surbaissée.

Tout le monde sait qu'une longue allée, une longue galerie parait se rétrécir à distance; si la longueur en était fort grande, les deux bouts paraîtraient se réunir au loin. Cela vient de ce que si la largeur ab, voisine de ^rœil, envoie des rayons bx^ a^f dans la prunelle P, et forme sur la rétine une certaine image vxj la largeuf égale c^ forme, de la même manière, une ^ image jTi; essentiellement plus petite, et d'autant plus que c^ va en s'éloignant. Or, aux plus petites images correspondent des sensations d'espaces plus petits; donc l'allée doit paraître se rétrécir à mesure qu'elle s'allonge. Toutefois , l'effet réel est beaucoup moindre qu'il ne devrait être d'après ce principe; ce qui tient à ce que le jugement de l'âme résiste à l'idée de ce

Page 1