‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 101 sur 108 · DicUùnnairê d$i $eiencês philoiophiques, Article matière · texte numérisé non relu

DicUùnnairê d$i $eiencês philoiophiques, Article matière

IDÉE DE l'eSFBIT. t53

premières. GotûQient dès lors méconnaître la diSërenee des phénomènes expliqués et de ceux qui leur servent d'explication, la différence des mouvements de la matière, phénomènes objectifs qui sont l'objet d'une représentation, et des états subjectifs qui résultent du rapport des êtres sensibles avec les mouvements? Voilà, semble-t-il, une question agitée par les philosophes qui se trouve définitivement résolue par les progrès de la physique.

Il serait du reste avantageux de remplacer les termes de qualités premières et de qualités secondes par ceux de qualités essentielles et de qualités accidentelles. La forme et le mouvevement sont des conceptions sans lesquelles l'idée du corps disparaît, elles sont donc essentielles ; tandis que le son et la couleur sont des qualités accidentelles, puisqu'elles peuvent disparaître, comme cela a lieu pour les sourds et les aveugles, sans que la notion fondamentale du corps s'évanouisse.

IDÉE DR l'esprit.

Rien ne peut être connu sans que l'esprit se connaisse luimôme dans le fait de conscience. Ce que nous avons à examiner ici, c'est la manière dont l'esprit se manifeste à lui-même dans la connaissance des corps, qui est l'objet de la physique.

La distinction des phénomènes matériels et des phénomènes psychiques a fondé la physique moderne, comme on l'a vu dans les études précédentes. Cette distinction se trouve nécessairement rappelée, spécialement à l'article de la chaleur, dans tous les traités élémentaires. Les sensations du chaud et du froid ont un caractère relatif. Elles sont variables selon la constitution des individus et, pour le même individu, selon l'état de son organisme à un moment donné. C'est pourquoi, pour faire une étude scientifique de la chaleur, il était indispensable de trouver un phénomène qui en manifestât les

degrés divers, et qni fût indépendant des impressions person* nelles. On a trouvé ce phénomène dans les mouvements nés de la chal'ur qui pro<luisent la dilatation de la plupart des corps, et qui sont le principe commun de tous les thermomèires. Débarrasser Tétude de la chaleur des impressions personnelles qu'elle produit, c'est mettre à part le sujet des sensations, en le distinguant des éléments objectifs dont les sensations sont le produit; c'est donc reconnaître l'existence distincte de Tétre sensible. Pour réduire tous les phénomènes physiques au mouvement, il a fallu constater les rapports des mouvements avec des phénomènes d'un autre ordre, avec la pensie, au sens le plus général de ce terme. La science est née de cette distinction et elle la confirme. Dire que dans les phénomènes matériels il n'y a que forme et mouvement, c'est proclamer rimmatêrialité de la pensée.

Il se fait maintenant, dans certaines régions du monde philosophique, un effort considérable pour détruire le dualisme de l'esprit et du corps. On affirme que les phénomènes physiques et les phénomènes psychiques ne sont que « le double aspect d'un même fait », ou bien < la face objective et la face subjective d'un même événement. » On dit que « la différence des états de conscience ^t des états de l'organisme se réduitàunesimpledifférencedansle mode d'appréhension.» C'est la thèse de quelques auteurs contemporains, celle de Lewes par exemple (1). Voilà une tientative dont le but est de rarrener à l'unité la dualité des faits psychiques et de leurs conditions objectives. Celle tenlative a une double origine; eJle vient de la philosophie et de la physiologie.

Le dualisme de l'esprit et du corps a été établi par Descartes dans les prolégomènes de sa physique. Leibniz, qui est cartésien à tant d'égards, s'éloigne de Descartes sur ce point de doctrine. 11 raconte comment, après avoir été momentané-

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