‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 24 sur 108 · ÉTAT DR LA PHYSIQUE VERS L'ANNÉE · texte numérisé non relu

ÉTAT DR LA PHYSIQUE VERS L'ANNÉE

J'exposerai la théorie généralement admise vers l'année 1600, en prenant pour base la physique de Scipion Dupleix, ouvrage publié à l'époque où Descartes était encore enfant, et dont il a pu avoir connaissance au temps de ses études (2).

Dupleix, énonçant les opinions enseignées dans l'école, explique tous les phénomènes corporels à l'aide de trois éléments : la matière, la forme et le inouvement.

La matière dont il parle est définie d'après Aristote : c le € premier subject duquel en tant qu'il demeure, toutes choses tf naissent de soy principalement et non par le moyen « d'autruy. » L'auteur observe que cette conception doit sembler « obscure aux apprentifs », c'est pourquoi il l'explique. Ses explications reviennent à ceci : la matière primi-

1. Le Cartésianisme, par Bordas Demoulin, tome I, pages 308 à 31i.

2. La Physique ou Science des choses naturelles par M. Scipion Dnpleix, conseiller du roi. 1. vol. in-12. L'ouvrage ne porle pas de date^ aa moins dans mon exemplaire ; mais c'est, je le suppose, nne partie du cours de philosophie de Dupleix, publié en 1602, lorsque Descartes avait 6 ans.

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tive et unique, dont toutes choses sont faites, est la substance en général, ce qui existe sous les propriétés des choses, c'està-dire, puisque toute détermination exprime une propriété, rôtre indéterminé et indéterminable.

La matière de toutes choses étant la même, d'où vient la diversité des êtres? De la diversité des formes. Il ne s'agit point ici delà figure ou delà forme au sens géométrique, mais de ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est. Les formes ainsi entendues sont conçues comme des entités qui reçoivent le nomie formes substantielles et aussi celui Ae qualité s réelles. L'eau et le feu, par exemple, ont la même matière puisquela même matière est rêtre de tout ce qui est ; leur différence vient de ce que, dans un cas,lamatière est spécifiée par la forme dufeu et dans l'autre par celle de l'eau.Toutes les diversités des choses sont ainsi rattachées à des principes différents conçus comme Texplication des phénomènes. Le chaud, le froid, la lumière, l'opacité, les couleurs, la saveur, l'odeur, la liquidité, la fluidité existent en vertu de formes substantielles jointes à la matière, et sans lesquelles la matière serait indéterminable. La pesanteur absolue et la pesanteur relative, la légèreté absolue et la légèreté relative sont des qualités réelles qui expliquent les mouvements des corps. L'existence des qualités comme entités distinctes est si pleinement admise qu'elle sert de prémisses à divers raisonnements. Dnpleix, par exemple, prend à partie

< certains nouveaux docteurs ou doubteurs, destructeurs des

< choses divines et humaines, qui révoquent en doute le c nombre des éléments, voire même qui n'en reconnaissent

< pas un, contre la doctrine ancienne et approuvée de tous

< les grands personnages de tous les siècles passez depuis que « la philosophie est en vogue. » 11 veut établir contre eux qu'il existe quatre éléments. La première preuve de sa thèse est la suivante : < Tout ainsi qu'il y a quatre qualitez prec mières, le chaud, le froid, le sec et l'humide; de mesme il

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