la monde, chapitre IV
€BUVRE DE DESCARTfiS. 79
OU âme ; c^est du corps seulement qu'il s'agit. Nous pou- ^ vous, par la pensée, enlever au corps, la chaleur, la couleur, la pesanteur et autres qualités de ce genre, < car si nous exa- « minons quelque corps que ce soit, nous pouvons penser € quMl n'a en soi aucune de ces qualités, et cependant nous « connaissons clairement et distinctement qu'il a tout ce qui « fait le corps, pourvu quil ait de l'extension en longueur, « largeur et profondeur (1). » Occuper l'étendue, telle est donc la propriété essentielle de la matière. Ce n'est plus l'être indéterminé dont on n'a rien à dire, mais une nature déterminée qui peut devenir un principe d'explication. Descartes admet que la matière, une dans ses qualités essentielles, s'est divisée en trois éléments qui forment la base de sa physique. Ce qu'il importe de remarquer, sans entrer dans ces détails, c'est qu'il admet l'existence d'un fluide universellement répandu qu'il compare à « une liqueur la plus subtile et la plus pénétrante qui soit au monde (2), » dans laquelle les autres éléments de la matière sont plongés, et qui joue un rôle important dans les phénomènes du mouvement (3). Il ne veut pas qu'on s'arrête aux pensées de ces hommes « dont la « raison ne s'étend pas plus loin que les doigts, et qui pensent « qu'il n^'y a rien au monde que ce qu'ils touchent (4). » Il ne vêtit pas qu'on doute qu'il y a des corps « si petits qu'ils ne peuvent être aperçus par aucun de nos sens (5). »
La matière étant une dans son essence, d'où vient la diversité des éléments et de tous leurs composés? De la forme et de la grandeur. La forme est prise ici dans son sens purement géométrique ; la diversité des'choses vient des différentes figures des parties élémentaires de la matière et de leurs divers agrégats.
i. Principes, II, 4.
S. Le monde, chapitre V.