Le monde, chapitre VIL
a mais il ne s'arrête de soi-même » (1). Par la connaissance de cette loi < nous sommes exempts de la peine où se trouvent c les doctes quand ils veulent rendre raison de ce qu'une <E pierre continue de se mouvoir quelque temps après être « hors de la main de celui qui Ta jetée : car on nous doit a plutôt demander pourquoi elle ne continue pas toujours de « se mouvoir » (2).
A cette thèse fondamentale que les corps continuent leur mouvement tant qu'une cause étrangère ne les arrête pas, se joint celle que « tout corps qui se meut tend à continuer son c mouvement en ligne droite » (3). Cette afSrmation est appuyée sur la considération suivante : « De tous les mouvet ments il n'y a que le droit qui soit entièrement simple, et « dont toute la nature soit comprise en un instant ; car, pour € le concevoir, il suffit de penser qu'un corps est en action « pour se mouvoir vers un certain côté, ce qui se trouve en « chacun des instants qui peuvent être déterminés pendant le « temps qu'il se meut; au lieu que pour concevoir le mouvef ment circulaire, ou quelque autre que ce puisse être, il faut « au moins considérer deux de ces instants, ou plutôt deux « de ses parties et le rapport qui est entre elles » (4). Voilà dans toute sa précision et dans tout son contenu la loi d'inertie telle qu'elle a été transcrite par Newton, Laplace, Poisson et tous les modernes. M. Garpenter a donc commis une erreur historique, lorsqu'il a présenté la loi d'inertie comme ayant été devinée par le génie de Newton (5).
La communication du mouvement a toujours lieu par impulsion et ail contact. Descartes niant a priori l'existence du vide, comme nous le verrons plus tard, ne pouvait admettre
aucune action de la matière à distance.