‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 33 sur 108 · Revue scientifique du 31 août 1872, page · texte numérisé non relu

Revue scientifique du 31 août 1872, page

ŒUVRE DE DESGARTES. 87

La matière est donc inerte ; sa fonction se borne à recevoir et communiquer le mouvement ; c'est la première base de la mécanique. Voici la seconde.

L'action de la cause motrice universelle est une action constante. Si le naouvement cesse ou diminue ce n'est qu'en apparence; s'il disparait sous une forme, il reparait sous une autre. « Il est impossible que le mouvement cesse jamais, ou € même qu'il change autrement que de sujet; c'est-à-dire « que la vertu ou la puissance de mouvement, qui se ren- « contre dans un corps, peut bien passer toute ou partie a dans un autre, et ainsi n'être plus dans le premier, mais « elle ne peut pas n'être plus dans le monde (1). » Il y a donc toujours dans la matière « une égale quantité de mou- « vement (2) » . Il suit de là que, « lorsqu'un corps en fait « mouvoir un autre il perd autant de mouvement qu'il lui a en donne ». Il arrive seulement qu'à des mouvements perceptibles pour nous en succèdent d'autres qui sont insensibles, mais qui n'en sont pas moins réels. Une pierre, par exemple, tombe sur le sol et s'y arrête. Selon les apparences voilà un mouvement qui cesse ; en réalité, « la pierre ébranle la terre, et ainsi lui transfère son mouvement; mais ce mouvement de la terre est insensible (3) ». Les choses que nous percevons s'expliquent par celles que nous ne percevons pas, mais que la science nous oblige à supposer. La théorie qui réduit la chaleur à un mouvement ouvre la porte à la recherche de l'équivalence du mouvement mécanique apparent, et de cet autre mouvement qui est la chaleur. Il ne faut admettre, en aucun cas, que la puissance de mouvement se perde. « Si deux corps étaient exactement « égaux et se mouvaient d'égale vitesse en ligne droite l'un « vers l'autre, lorsqu'ils viendraient à se rencontrer, ils re-

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