De la sagesse des anciens, XI
PRÉDÉCESSEURS ET CONTEMPORAmS DE DESGARTES. 95
« mélange avec les matières fétides. (1) » Lorsque les corps suivent la ligne droite c'est par un mouvement de hâte. Bacon distingue dix-neuf espèces de mouvements, dont le dernier est le mouvement tendant à l'inertie ou l'horreur pour le mouvement. Lorsqu'on meut les corps, «• ils ne « cessent de travailler pour recouvrer leur repos, qui est € leur état naturel, c'est-à-dire qu'ils tendent de toute leur « force à ne plus se mouvoir ; et quant à ce dernier point, « pour l'obtenir ils ne manquent pas d'activité : ils tendent à « ce but avec assez de légèreté et de rapidité comme ennuyés « et impatientés de tout délai à cet égard (2) » . Bacon s'est opposé à l'admission de la théorie de Kopernik. Il qualifie de stupide la prétention de chercher dans le seul mouvement des corps l'explication des phénomènes {Motum corporum tantum stupide intuentes (3). C'est ici la négation directe du fondement de la physique moderne. M. Liebig aflBrme qu'il est resté sous ce rapport si en arrière de son siècle qu'il a nié la matérialité du son, dont il voulait faire un certain mouvement spirituel (4).
Bacon a rappelé la science à sa condition, en proclamant la nécessité de l'expérience ; maisil.a totalement méconnu l'objet de la science et la direction à donner aux recherches. Il n'est assurément pas le fondateur principal de la physique moderne. Les attaques dont il a été l'objet de la part du comte de Maistre et de Liebig sont passionnées, et à tout prendre injustes par leur violence, mais elles sont vraies, en tant qu'il s'agit seulement d'enlever à Bacon un titre usurpé. Deux des contemporains de Descartes, Kepler et Galilée, ont accompli une œuvre plus sérieuse.
Kepler occupe une place considérable dans l'histoire des