Lord Bacon, page
96 LES OHIGINIS DE LA PHYSIQUE MODEBNE.
mathématiqaes et de Fastronomie. Leibniz (1) lai attribue la connaissance de l'inertie de la matière. Ses travaux supposent certainement l'existence de cette loi» car l'application des mathématiques à l'étude de la nature exclut tout principe de spontanéité dans les corps ; mais il est indubitable que la pensée de Kepler oscille entre des conceptions opposées, et qu'il n'a point affirmé l'inertie, comme Descartes Ta fait, avec fermeté et conséquence. Dans l'introduction de son ouvrage De Stella martis il qualifie de faculté animale (Jacultas ani-mcUis) le principe de l'attraction réciproque des corps. Dans le chapitre trente-quatrième du même ouvrage, il admet dans la matière une tendance naturelle au repos et à la privation du mouvement, (prona ad quietem seu ad privationemmotiés), en sorte que les planètes s'arrêteraient par l'effet de leur besoin de repos, sans une force motrice incessamment renouvelée. On sait enfin que, par moments au moins, il admet que les planètes sont gouvernées par une âme qui est instruite du chemin qu'elle doit suivre pour conserver l'ordre de Tunivers (2).
En résumé, et sans méconnaître la grande position de Kepler dans l'histoire de la science, il est permis de dire qu'il n'a pas posé, d^une manière générale et précise, la base de la théorie de la matière. Cette gloire était réservée à . un autre.
Cet autre est-il Galilée ? Galilée jouit d'une réputation aussi incontestable qu^ncontestée. L'astronomie le reconnaît comme l'un de ses ouvriers les plus utiles. Sa découverte des lois du mouvement uniformément varié, et l'observation du pendule lui assurent une place entre les fondateurs de la mécanique moderne. Enfin, il a donné le premier, non-seulement l'exemple pratique, mais la théorie de la véritable méthode scientifique. Sous ce dernier rapport il est supérieur à Descartes. De tous les fondateurs de la science moderne Galilée