LES ERREURS DE DESCARTES
Une des erreurs considérables de Descartes est relative à la conception de la matière. Il en avait réduit l'idée à l'occupation d'une partie déterminée de l'espace. Le fait d'occuper une partie déterminée de l'espace, et par conséquent de résis^ ter aux autres corps qui tendraient à pénétrer dans le même lieu, est la manifestation d'une force. Cette force. Descartes est bien obligé de la supposer. « Le corps , dit-il, occupe «toujours une partie de l'espace tellement proportionnée à « sa grandeur, qu'il n'en saurait remplir une plus grande, c ni se resserrer en une moindre, ni souffrir que pendant « qu'il y demeure, quelque autre y trouve place (1). » On trouve ici, avec TafQrmation de la fixité absolue de l'espace occupé par les éléments de la matière, l'idée nécessaire de leur force de résistance. Mais cette idée de la résistance dans l'espace, qui est la notion vraie du corps, Descartes l'oublie, par l'effet de sa préoccupation exclusive des conceptions mathématiques ; il identifie le corps avec la conception géométrique de l'étendue figurée. Dans son système, le corps est identique à l'étendue et ne renferme rien de plus, en sorte que le vide est impossible et inconcevable. Aussi, à la question : qu'arriverait-il si toute la matière qui est dans un vase en était retirée sans qu'aucune autre y pénétrât? il répond sans hésiter : « les côtés du vase se toucheraient (2). » Mar-