Principes, IV
ERREURS DE DESGABTES, 109
il traite ce sujet dans des pages où Ton sent percer un peu d'impatience causée par la servilité avec laquelle les cartésiens suivaient, même dans ses erreurs, le hardi novateur qu'ils avaient choisi pour maître (1). Leibniz corrige donc l'énoncé de Descartes, qui avait aflarmé la conservation d'une égale quantité de mouvement ; mais il le corrige sans modifier son affirmation fondamentale; car l'aSirmation fondamentale de Descartes était la constance de l'action motrice universelle; et la conservation de l'égale quantité de mouvement était une déduction que, selon sa méthode vicieuse, il ne soumettait pas au contrôle de l'expérience. Leibniz corrige encore le maître, dont sous bien des rapports il subit l'influence, sur un point plus fondamental. Il rectifie la conception de la matière identifiée avec retendue figurée, pour rétablir la notion indispensable de la force en vertu de laquelle le corps résiste (2). Les monades qui sont, dans l'ordre physique, le seul qui m'occupe ici, des centres de forces, expriment une notion que Descartes avait eu le tort de nier, bien que, ainsi que nous l'avons vu, il fut obligé de la supposer dans toutes ses explications. Rétablir cette notion, c'était ouvrir à la théorie des atomes, entendue dans son sens le plus général, une porte que le cartésianisme tenait fermée.
Newton, placé à un point de vue moins spéculatif qua celui de Leibniz, signale comme lui la force de résistance de la matière : Materiœ vis insita est potentia resistendi (3). En prenant pour base les observations de Tycho-Brahé et les lois découvertes par Kepler, il établit le véritable système des mouvements du ciel en formulant la loi de la gravitation. Il
i. Brevis demonstratio erroris memorahilis Cartesii, — Œuvres de Leibniz.. Edition Dulens, tome III page 180.
2. Lettre sur la qv>eslion si Vessence du corps consiste dans retendue, insérée dans lé Journal des savants, Juin 1691. — Edition Dutens, tome II, Partie 1, page 234.