Préface aux Principes de Newton, page
nion de Côte, et « c'est nn des principaux dogmes de la phic losophie newtonienne » (en pleine contradiction avec la pensée de Newton) t que Timmensité de Funiyers ne ren- « ferme point du tout de matière dans les espaces qui se « trouvent entre les corps célestes (i) » . Quelle est à ce sujet l'opinion actuelle? L'existence de l'éther est à la base de toutes les théories de la physique contemporaine, et M. Lamé, à la fin de ses Leçons sur r élasticité déclare que « l'existence du fluide éthéré est incontestablement démontrée. j> Si la science moderne ne fait pas fausse route, les newtoniens ont donc eu tort dans leur polémique contre les cartésiens au sujet du fluide éthéré. En ceci les newtoniens contredisaient Newton; mais il y a trois erreurs qui restent imputables à ce grand homme.
La première de ces erreurs est l'idée que la force se perd. Newton se demande, en excluant Tidée d'une disposition de la matière qui soit cause qu'elle fasse ressort, ce qui arrivera « si deux corps égaux allant directement l'un vers Tautre avec « des vitesses égales se rencontrent dans le vide. » Il répond : « ils s'arrêterpnt à l'endroit où ils viendront à se rencontrer^ « perdront tout leur mouvement et demeureront enrepos.(2) » Descartes, se posant le même problème, l'avait résolu dans un sens directementcontraire : c Si deuxcorps étaient exactement « égaux et se mouvaient d'égale vitesse en ligne droite l'un « vers l'autre, lorsqu'ils viendraient à se rencontrer, ils a rejailliraient tous deux également et retourneraient chacun « vers le côté d'où il serait venu, sans perdre rien de leur « vitesse. (3) » Pour entendre le problème, qui est puremeUt théorique, il faut supposer deux éléments primitifs de la matière, deux atomes, ce qui empêche de chercher l'équivalent du mouvement de translation dans un mouvement moléculai-
1. Euler. Lettres d une princesse d'Allemagne. Partie I. Lettre 18.