Réponses d Clarke, — Cinquième réponse
€ toajours la même dans l'onivers. M. Leibniz fît une « distinction entre la quantité dé mouvement et la force « des corps. Il avoue que la première varie, mais il sou- « tient que la quantité de force est toujours la même dans « l'univers. Il n'y a cependant aucune doctrine plus op- « posée à l'expérience et aux observations les plus com- « munes, quand même on mesurerait la force des corps par « les carrés des vitesses, comme il le prétend. Si tous les « corps dans le monde avaient une élasticité parfaite, on « pourrait avoir quelque raison de soutenir ce principe. Mais « on n'en a jusqu'à présent découvert aucun dont l'élasticité « fût parfaite ; et lorsque deux corps se rencontrent avec des « mouvements égaux,ils rejaillissent avec des moindres mou- « vements, etil y a toujours quelque force perdue par lechoc. « Si les corps sont mous, ils s'arrêtent tous deux à cause de 9 l'impénétrabilité de leurs parties; oupour parler dans le « style favori de cet auteur, parce qu'il n'y a pas de raison « suflBsante, pourquoi Pun d'eux prévaudrait plutôt que « l'autre. Dans ce cas, tout leur mouvement est perdu ; et « le mouvement de l'un étant détruit par le mouvement op- « posé de l'autre, c'est sans fondement, et simplement pour « sauver une hypothèse, qu'on imagine un fluide qui reçoit et « retient la force de ces corps. (1) »
La seconde affirmation de Newton que l'on doit considérer comme une erreur, si l'on admet que la science contemporaine a raison, est que le mouvement des planètes offre certaines irrégularités, qui doivent augmenter, jusqu'à ce que le système du monde ait besoin d'être réformé par une intervention spéciale de la puissance créatrice (2). Leibniz réfute cette [^ opinion par des arguments tout à fait cartésiens. « M. Newton, dit-il, croit que la force de l'univers va en
1. Maclaurin. Exposition des découvertes philosophiques de M, le Chevalier Newton, Livre I, chapitre iv, page 88.