Optique. Question XXXI, vers la fin
OBSCURCISSEMENT DES THÉORIES. iti
c dimiDuant, comme celle d'une montre, et a besoin d'être
< rétablie par une action particulière de Dieu ; au lieu que je « soutiens que Dieu a fait les choses d'abord, en sorte que la « force ne saurait se perdre. (1) » Maclaurin lui r^roche cette opinion avec assez de vivacité (2). Nous considérons cependant la théorie de la stabilité du monde^ due aux travaux de Laplace, comme une des conquêtes de l'astronomie moderne. Laplace, à la vérité, ne conteste pas que l'organisation actuelle du monde peut être détruite par des causes naturelles (3), et il ouvre ainsi la porte à l'hypothèse récente de M. Glausius sur les conséquences des lois de la chaleur ; mais la question agitée^ à l'époque de Maclaurin, était celle d'un trouble de notre système résultant de l'attraction mutuelle des astres ; et, sur ce point, les calculs de la mécanique céleste ont donné raison ^Leibniz.
La troisième erreur de Newton est d'avoir nié la doctrine des ondulations lumineuses établie par Huyghens dans la direction de la pensée de Descartes, et d'avoir adopté la théorie de l'émission qui était celle de Galilée. « Les rayons de lu- « mière, dit-il, ne sont-ce pas de fort petits corpuscules
< élancés ou poussés hors des corps lumineux? (4) » Il est à remarquer que les affirmations du maître, sur ce sujet, sont moins explicites que celles de ses disciples ; et Newton adopta peut-être la théorie de l'émission, moins comme l'.expression de la réalité, que comme une hypothèse qui se prêtait facilement au calcul. Quoi qu'il en soit, il est incontestable que la négation de la théorie de l'ondulation fut placée sous l'autorité de son nom, et cette négation, du reste, s'imposait forcément à Técole qui affirmait le vide absolu des espaces contenus entre les corps célestes. Cette doctrine qui