RENAISSANCE DE LA PHYSIQUE CARTÉSIENNE. 4Î
appIicatioDs à l'industrie; mais l'opinion qui fixe au ^ix* siècle rorigine;des principes généraux de la physique moderne est une erreur comparable à celle d'un géographe qui placerait les sources du Rhône à Bellegarde, au lieu où les eaux du fleuTe» momentanément cachées sous la surface du sol, reparaissent à la lumière.
La renommée de Descartes a subi des phases parallèles aux destinées de sa doctrine. Lorsqu'il substitua ses claires explications aux théories obscures des formes substantielles, il excita un véritable enthousiasme. Le monde savant fut doublement ébloui par la vérité de ses idées fondamentales, et par l'audace de son système. Ses erreurs mêmes, comme le remarque Laplace (1), avaient un caractère grandiose qui favorisa leur succès. On crut, comme il l'avait cru luimême, que l'explication universelle de la nature était découverte, et que la construction de la science était à peu près achevée. Ce ne furent pas seulement des savants qui s'enrôlèrent sous la bannière de la philosophie nouvelle, mais des gens du monde de l'un et de l'autre sexe. La Fontaine se fit l'organe de ce grand courant d'opinion en écrivant:
Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu
Chez les païens^ et qui tient le milieu
Entre l'homme et resprit,comme entre Thultre et l'homme,
Le tient tel de nos gens, franche hète de somme. (2)
Pascal distingua nettement la part vraie du cartésianisme, c'est-à-dire la détermination de l'objet de la science, et les explications de détail qui s'écartaient de la vérité. « Il faut € dire en gros : cela se fait par figure et mouvement ; car cela c est vrai. Mais dédire quels et composer la machine, cela est € ridicule, car cela est inutile et incertain et pénible (3). » Ce que Pascal distingue ici, avec un accent de mauvaise humeur
i. Exposition dtf système du monde. Livre Y, ch. v.