‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 59 sur 108 · Pensées, Edition Faugère. Tome. I, page i8i · texte numérisé non relu

Pensées, Edition Faugère. Tome. I, page i8i

128 LES ORIGINES DE LA t»HTSIQ(lE MODERNE.

qui n'est point justifié, c'est précisément cequ^'on allait confondre. On rejeta les principes fondamentaux du cartésianisme, parce que le système des tourbillons se trouvait inexact. Le triomphe des newtoniens amena dans l'opinion une réaction aveugle contre la réputation de Descartes. Maclaurin emploie, en parlant du système cartésien, le terme de rhapsodie. (1) Voltaire, témoin de l'éclipsé que subissait une grande gloire, parle

De ce maître René qu'on oublie anjoard'hni. (2)

Il y a dans ce vers comme un accent de mélancolie, et un hommage pour le grand homme oublié; mais l'impitoyable railleur écrit en un autre endroit :

Il a gravement débité Un tas brillant d'errenrs nouvelles, Pour mettre à la place de celles De la bavarde antiquité.

La physique et la|"raétaphysique cartésiennes furent également méprisées, et leur auteur fut considéré comme ayant écrit un double roman, celui de l'âme et celui de la nature. A mesure que la renommée de Decartes s'obscurcissait, celle de Bacon brillait d'un éclat toujours plus vif. Il était devenu à la mode de lui décerner < des éloges enquelque sorte fanatiques, € en tète de chaque préface, dans tout livre de physique, « de physiologie et de philosophie. (3) » On peut fixer le point extrême de ce mouvement de Topinion à l'époque des écoles normales, lorsque le professeur Garât, pour fermer la bouche à St-Martin, qui lui posait quelques objections, lui jeta à la face, à peu près comme une injure, l'épithète de cartésien (4). Il est juste de remarquer que

i. Exposition des découvertes de Newton, page 69. «

%. Les Systèmes dans les Satires,

3. Portraits littéraires psLT Sainte-Beuve. — Joseph de Maistre.

4. Voir les Ecoles normales, livre national. Débats, tome III, pages 18 à 25.

Page 1