Nature mécanique des phénomènes
Les phénomènes physiques considérés en eux-mêmes, et abstraction faite de leurs rapports avec les êtres capables de
1. Histoire de la philosophie. Coup d^œil général et division.
sentir et de percevoir, se réduisent à des mouvemeiits. Le son, séparé des perceptions de Touîe, la lumière et la chaleur, séparées des sensations qu'elles font éprouver, Télectricité, le magnétisme, séparés des effetsdivers qu'ils peuvent produire sur des êtres sensibles, ne sont que des mouvements. Les mouvements physiques, rencontrant les organes des corps vivants, déterminent des mouvements physiologiques. Ces mouvements sont transmis par les nerfs au centre cérébral. On peut dire que le mouvement physiologique n'est que le mouvement physique transformé par les organes des sens de même à peu près que les vibrations de * Tair dans un orgue sont diversement modifiées par la forme et la grandeur des tuyaux dans lesquels elles pénètrent. Au mouvement physiologique du centre cérébral correspondent les phénomènes de la sensation et de la perception, faits psychiques harmonisés avec le mouvement de la matière, mais d'un ordre différent, et qui deviennent le point de départ de tout un monde de pensées et de sentiments. Eclaircissons ceci par quelques exemples.
Un amateur de musique écoute une sonate de Mozart ; que se passe-t-il ? Le mouvement mécanique des instruments détermine des ondulations dans l'air atmosphérique. Ces ondulations frappent les organes extérieurs de l'ouïe. Le mouvement, modifié par l'oreille, se transmet le long des nerfs et, à ce mouvement parvenu au centre cérébral répond la perception du son à laquelle s'associent des impressions diverses, des émotions de l'âme et des pensées. L'esprit capable d'entendre étant supprimé, il n'y aura plus rien d'entendu ; il ne restera que les vibrations de l'air et celles des organes.Un astronome regarde une étoile au moyen d'une lunette ; que se passe-t-il ? L'étoile a un mouvement qui détermine des ondulations dans un fluide subtil partout répandu que les physiciens désignent sous le nom d'éther. Ces ondulations parviennent au verre de la lunette qui les modifie. Ainsi modifiées.