‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 7 sur 108 · NATURE MÉGANIQUE DES PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

NATURE MÉGANIQUE DES PHÉNOMÈNES

elle sont transmises à'Pœil qui les modifie à son tonr ; et elles arment à la rétine où elles déterminent nn mouvement physiologique. Ce mouyement physiologique se propage le long du nerf optique, et parvient jusqu'à l'encéphale. Alors se produit, en vertu de l'harmonie qui relie deux ordres de phénomènes, la sensation de la lumière et la perception du corps lumineux. L'astronome sent; il voit; il admire peut-être ; il réfléchit. Enlevez l'esprit capable de voir et de sentir ; que reste-t-il ? Les ondulations de l'éther, les mouvements divers déterminés dans le verre de la lunette, dans les organes de l'œil, et dans le système nerveux.

Les mots lumière, chaleur, son, ont deux significations distinctes, et ce double sens des mêmes mots risque de produire* des confusions d'idées. Ces termes désignent tantôt les phénomènes physiques à l'état j)ur, le fait objectif, tantôt la sensation et la perception, ouïes faits subjectifs. Ces deux ordres de faits sont reliés par un rapport qui est un des éléments primitifs de l'univers, dont nous ne possédons pas l'explication, et dont il nous est même impossible de chercher l'explication. Au lieu de constater ce rapport la physique ancienne créait des entités imaginaires sous les noms de formes substantielles y de causes occultes, de vertus de la matière. Le son, la lumière, la chaleur, le froid, le sec, l'humide, étaient considérés comme des causes auxquelles la pensée s'arrêtait, croyant avoir expliqué les phénomènes lorsqu'elle n'avait fait que les nommer.

AfSrmer qu'il n'existe rien dans les corps qui ressemble à nos sentiments et à nos idées; que les termes lumière, chaleur, etc, dès qu'on y fait entrer un élément psychique, sont l'expression de rapports entre deux classes de phénomènes distincts, bien qu'intimement unis ; a£Qrmer que tout phénomène physique en soi n'est que le mouvement; tel est le premier caractère de la physique moderne. 11 est convenablement exprimé par ces termes : Nature mécanique des phénomènes.

Bacon dît, dans le qnalrièiDe aphorismeMe son Novum organum : t Approcher on écarter les uns des antres les corps e naturels, c'est à quoi se réduit toute la puissance de « l'homme ; tout le reste, la nature l'opère à l'intérieur et «r hors de notre vue. » Nous aflBrmons aujourd'hui que dans l'univers matériel tout entier il n*y a rien autre que le mouvement, et que ce que Bacon appelle «tout le reste» n'est qu*un rapport entre les phénomènes physiques et la sensibilité des êtres vivants.

Geiie théorie suppose l'admission de l'existence de l'étb^r, c'est-à-dire d'un fluide subtil, impondérable, élastique, pénétrant tous les corps, remplissant tous les espaces qui les séparent, fluide dans lequel s'opèrent les mouvements qui constituent la lumière etlachaleor. L'existence de l'élhern'est pas une donnée immédiate de Inexpérience. L'air ne peut ni se voir ni se toucher ; mais il devient l'objet d'une perception directe dans l'action du vent, et il peut être pesé dans la balance. L'éther n'est pas l'objet d'une constatation de cette nature. Son existence est une hypothèse; mais cette hyp^^ thèse est nécessaire pour l'explication des phénomènes, et^ se justifie par le succès même des explications qu'elle fournit.

Pour bien entendre la réduction à l'unité de tous les phénomènes physiques, il faut distinguer trois espèces de mouvements : 1** ceux de corps formant une masse plus ou moins cohérente (solide, liquide ou gazeuse) qui est transportée d'un lieu de l'espace à l'autre ; 2^ ceux qui= se produisent dans l'intérieur de corps dont l'ensemble continue à occuper relativement le même lieu de l'espace, mais dont les molécules ou les atomes se meuvent ; 3** ceux du fluide supposé remplissant les intervalles qui se* parent les corps les uns des autres, et les molécules ou les atomes de chaque corps. On peut attribuer le nom de mouryemenXs mécaniques a ceux de la première espèce, enappelsmt ceux de la seconde mouvements moléculaires ou atomiques.

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